Voyons un peu ce que ressent une mère quand elle essaie d’entraîner son enfant à être propre (beaucoup de livres traitant de puériculture semblent laisser de côté cette importante question) et qu’elle a décidé pour cela d’utiliser les méthodes préconisées dans ce livre. Voici la minute de vérité : elle vient de retirer les couches. Que se passe t il ? Peut être rien de positif le premier jour ni les jours suivants. L’enfant salit plusieurs culottes par jour. et c’est tout ce que vous obtenez ! Qu’en pense la mère ? Elle se sent généralement désemparée. maladroite : « Cela avait l’air tellement facile dans le livre « , pense t elle. « C’est moi qui ne sais pas m’y prendre. je ne suis pas une bonne mère. Peut être que je ne suis pas douée pour ces choses là ? » Il est naturel et normal d’avoir cette impression. particulièrement pour un premier enfant.
Cela l’aidera à se rappeler que le facteur le plus important quand on veut rendre un enfant propre n’est pas ce qu’elle peut faire en tant que mère, mais bien si l’enfant est disposé à assimiler cette nouvelle technique. Si l’enfant n’est pas vraiment mûr pour cela, il ne l’assimilera pas. Qu’elle se souvienne que la façon d’apprendre une nouvelle technique consiste à faire des erreurs et à profiter de ces erreurs. Pour un enfant, devenir propre passe par les mêmes voies. Votre enfant commettra beaucoup d’erreurs et il lui faudra du temps pour apprendre.
Jusqu’à présent mon exposé a porté sur ce qu’une mère peut toujours faire en ce domaine, car il s’agit de son action. Je voudrais maintenant parler de quelque chose qui échappe au contrôle d’une mère : ses impressions profondes. ce qu’elle ressent dans cette circonstance. Nous devons reconnaître franchement le fait que les adultes et les jeunes enfants ne se font pas la même idée des déchets humains. Un bambin n’est nullement gêné par une couche salie. Il peut même trouver agréables son odeur et son contact. La plupart des mères ne semblent pas partager le même enthousiasme pour la couche en question. Pour un enfant. les matières ne sont qu’une intéressante espèce « d’argile marron ». Il l’étalera sans complexe comme n’importe quelle autre substance. Il en tirera même une fierté particulière parce que c’est lui qui l’a faite.
Or, il est bien sûr souhaitable d’apprendre à un enfant à déposer cette argile marron dans la cuvette des W. C., plutôt que de s’en servir pour quelque création artistique. Mais dans la mesure du possible il faut que nous nous gardions de lui imposer à ce sujet des sentiments de répulsion. Cela peut nous sembler difficile, à cause justement de la répulsion qu’on nous a inculquée à l’égard des excréments et de l’urine, quand on nous a appris à être propre. Notre subconscient n’a pas oublié ce temps là.
C’est pourquoi une mère se comportera différemment en nettoyant un enfant qui s’est sali et en lui donnant son bain par exemple. Elle pourra laisser paraître du dégoût dans son expression, et même employer des expressions telles que : « Ces couches sentent mauvais », ou « bébé sent mauvais », ou encore « le vilain sale ! ».
Si la mère communique de tels sentiments de dégoût à un enfant, il se sentira « sale » ou « vilain » parce qu’il élimine les déchets de son corps. Cette attitude peut avoir un effet désastreux sur son développement sexuel. Du fait que les organes de l’élimination sont dans la proximité immédiate des organes sexuels. l’attitude prise à l’égard des uns peut malheureusement se généraliser et s’appliquer aux autres. L’enfant en viendra vite à penser que tous les organes situés « plus bas » ou « là » sont mauvais ou dégoûtants. Ces attitudes de honte ou de dégoût peuvent entraver ou empêcher le développement d’une attitude saine à l’égard des fonctions sexuelles.
Une mère ne peut contrôler ses sentiments profonds lorsqu’elle change ou nettoie un bébé qui s’est sali. Mais autant que possible. si elle éprouve du dégoût ou de l’aversion, elle ne doit pas le montrer. Paraître considérer ces choses comme normales, sans plus. est la meilleure attitude à prendre. Si on peut y parvenir.
J’ai traité ce sujet très en détail pire qu’en plus de vingt ans d’expérience médicale personnelle j’ai été stupéfait de voir combien les parents embrouillaient et compliquaient de façon inimaginable ce qui se réduit en fait à faire acquérir à l’enfant une nouvelle technique. Si vous n’êtes pas pressé. si vous commencez cet apprentissage l’esprit détendu. sans paraître y attacher trop d’importance. si vous respectez les signaux biologiques indiquant que votre enfant a besoin de vider ses intestins ou sa vessie. alors l’apprentissage de la propreté peut s’accomplir simplement et sans soulever de problèmes psychologiques.