La première technique d’apprentissage et la plus nécessaire que nous puissions enseigner à un enfant est comment penser.
Qu’est ce que penser ? Feu John Dewey, célèbre professeur de pédagogie, suggérait que : « L’acte de penser commence par une difficulté sentie et reconnue. » Dewey insistait sur le fait que : « Nous ne pensons que si nous sommes confrontés à quelque difficulté ou à quelque problème. »
Laissez moi vous citer un bel exemple de ce qu’est la pensée au niveau de l’enfant de quatre ans :
Un groupe d’enfants de quatre ans jouaient à aménager une maison dans un grand carton d’emballage. Ils avaient construit un certain nombre de meubles rudimentaires avec leurs cubes, mais comme l’espace à l’intérieur de la boîte était limité, ils devaient manoeuvrer avec précaution pour ne pas démolir les meubles déjà construits. Ce qui se révéla impossible pour Patrick, qui était maladroit et trop nerveux. Après une douzaine d’accidents, le « père » de famille annonça, comme s’il venait de faire une découverte passionnante : « Il nous faut un chien. Toi, Patrick, tu feras le chien ! Tu resteras dehors et tu aboieras chaque fois que quelqu’un s’approchera. Vas y, aboie très fort ! »
Cet exemple montre qu’il y a trois démarches dans le processus de la pensée. La première est une difficulté dans votre vie. Dans le cas des enfants, par exemple, le problème était ce Patrick maladroit qui bousculait les objets dans la cabane. La seconde démarche de la pensée consiste à former une hypothèse ou une idée qui résoudra le problème. Le « père » de famille découvre l’idée : « Patrick, tu feras le chien ! » (Sous entendu : comme cela tu resteras hors de la maison, mon vieux, et tu cesseras de tout renverser !) La troisième étape est la solution du problème. quand Patrick accepte le rôle du chien. Bien que cet exemple illustre la pensée chez les enfants, les trois étapes fondamentales sont les mêmes pour toute pensée, la plus primitive comme la plus subtile.
Il y a aussi deux modes fondamentaux de pensée, ce que le Dr Jérome Bruner, professeur de psychologie à l’université d’Harvard, appelle « la pensée de la main droite » et « la pensée de la main gauche ». Par « pensée de la main droite », il entend la pensée logique, analytique, rationnelle, la pensée consciente et qui procède avec soin, pas à pas, jusqu’à une conclusion logique. C’est le genre de pensée qu’on cultive et qu’on apprécie dans les écoles et les collèges, et qu’on essaie d’enseigner aux enfants. Mais il existe un autre. type de pensée, souvent négligé dans les écoles : c’est la « pensée de la main gauche » qui est intuitive, toute en détours inattendus ; elle implique que celui qui pense rejoint en lui même l’inconscient plutôt que le conscient. C’est ce type de pensée qui permet les grandes découvertes scientifiques ou les innovations radicales dans le domaine des affaires ou de la politique. C’est pourquoi il est nécessaire que nous inculquions à nos enfants ces deux modes de pensée.