La grande colère est la manifestation ultime du négativisme. C’est un tel état de rage que l’enfant peut seulement pleurer. crier, hurler, ou se jeter à terre en donnant des coups de pied dans tous les sens. Si vous cédez à cette colère et faites ce que l’enfant désire, vous la renforcerez. Vous lui apprendrez à hurler davantage pour imposer ses caprices.
Ma fille avait dix ans quand elle invita une amie à venir passer le week-end en camping avec nous. La fillette répondit que ses parents avaient un autre projet pour le week-end, mais ajouta : « Ne t’inquiète pas. je peux me débrouiller. Je vais faire une grosse colère et maman me laissera venir ! »
Si par ailleurs vous perdez votre calme et vous mettez en colère vous même, vous renforcerez celle de l’enfant. Dès lors il saura qu’il peut obtenir de vous ce qu’il veut n’importe quand avec une bonne colère. N’essayez pas de raisonner un enfant en rage ou de l’en distraire par des paroles. Il n’est plus alors qu’une tempête d’émotions. Il n’est pas en état d’écouter ce langage de la raison ou de la logique. Surtout, n’essayez pas de lui faire passer sa fureur en le menaçant d’une fessée. N’avez vous pas entendu des parents dire à un enfant en rage : « Tais toi. ou bientôt tu sauras pourquoi tu pleures. » Ce qui revient à vouloir éteindre un feu avec de l’essence.
Alors que faire quand votre enfant de deux ans et demi fait une grosse colère ? Ce que vous voulez faire comprendre à l’enfant est que cette rage parait inévitable, mais ne le mènera nulle part. Et comment le lui faire comprendre ? Laissez le faire sa colère tout seul.
Chaque maman doit trouver le moyen d’y parvenir. Certaines sauront rester sans rien dire et attendre que la crise se calme d’elle même. D’autres préféreront parler et dire : « Je sais que tu es mécontent et furieux, mais va dans ta chambre jusqu’à ce que tu sois calmé. Quand tu auras terminé j’ai quelque chose de beau à te montrer. » D’autres diront plus sévèrement : « Va dans ta chambre. » A vous de trouver la méthode qui vous convient le mieux et à vous d’en user. Mais surtout, essayez d’aider votre enfant à sauver la face en lui offrant, quand c’est possible. un moyen élégant de sortir de l’impasse.
Ajoutons un mot sur les colères faites en présence d’amis, de parents. au marché ou au supermarché. Utilisez dans ce cas les mêmes techniques anti colères. mais sachez que vous avez contre vous un nouvel ennemi qui peut s’interposer pour vous empêcher de trouver la solution raisonnable. Il y a un public. Alors surgit le monstre ; le « Qu’est ce que les voisins vont en penser ? ». Si votre public ne connaît pas la psychologie de l’enfant, il pensera sans doute que vous avez tort de ne pas donner une bonne fessée et d’arrêter fermement cette colère. Et puis après ? Est ce que vous élevez votre enfant pour en faire un être sain et heureux ou pour faire plaisir à vos voisins ?