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 Découverte du sexe

Néanmoins, d’une façon ou d’une autre, les enfants entre trois et six ans découvrent qu’un garçon a un pénis et qu’une fille n’en a pas. Cette découverte marque un tournant dans la vie de beaucoup d’enfants, quoique bien des parents semblent rester dans une béate ignorance à ce sujet. et ne voient pas ce que cela signifie pour un enfant. Bien entendu, si les parents veulent l’ignorer c’est parce que cette découverte est du domaine du sexe ; et beaucoup de parents sont sous l’influence d’un très grand refoulement qui les rend sourds, muets et aveugles à ce que les petits enfants peuvent éprouver à ce propos.

Plus l’atmosphère familiale est saine en ce qui concerne la sexualité, moins le choc psychologique causé par cette « découverte » sera grand chez le petit garçon ou la petite fille. Plus « l’atmosphère » sexuelle sera répressive et culpabilisante, plus l’enfant aura de difficulté à assimiler cette découverte surprenante. Indépendamment de l’ambiance familiale, chaque enfant va réagir d’une façon différente, personnelle, unique. Cependant nous pouvons quand même décrire en général les réactions typiques des petits garçons et des petites filles qui découvrent que les garçons ont un pénis alors que les petites filles n’en ont pas.

La petite fille pourra se sentir lésée et pensera qu’à cet égard elle appartient à une race inférieure. Ou bien elle pourra penser qu’elle est née avec un pénis, qu’on lui a enlevé, peut être comme punition. Je sais que certains d’entre vous pensent en me lisant : « Tout cela n’a aucun sens ! Je n’ai jamais entendu parler d’une chose pareille ! » Ce que j’indique est cependant le résultat d’observations faites par des spécialistes du comportement sur des milliers de petits enfants. Si vous avez l’esprit vraiment ouvert, vous pouvez faire le même genre d’observation en ce qui concerne le jeu, la conversation et les questions de votre enfant. Par exemple, je me souviens que mon plus jeune fils disait à sa mère, alors qu’il avait environ trois ans : « Maman, où est ton pénis ? » Elle répondit : « Maman n’a pas de pénis. Seuls les garçons et les hommes en ont. » « Si, tu en as un, insista notre fils. Où est il ? Est ce que tu le caches ? »

Si une mère observe sans préjugé le comportement de son enfant, elle trouvera de nombreux exemples de ses réactions devant les différences anatomiques entre sexes. Voici un incident décrit par une maman dans son journal à propos de son enfant de trois ans

« Caroline envie le caractère masculin de son frère Pierre, âgé de cinq ans, et elle le manifeste de nombreuses façons, surtout lorsqu’elle essaie d’uriner comme lui, debout. Je l’ai observée ce matin quand elle essayait.

Elle était seule dans la salle de bains. Caroline a enlevé son slip et s’est plantée devant les toilettes comme pour faire pipi. Elle a apparemment décidé que ça ne fonctionnait pas car elle a bientôt abandonné.

Alors, elle s’est pincé la peau et a essayé de la plier en forme de pénis ; elle pensait évidemment qu’elle pourrait s’en faire un de cette façon et qu’elle pourrait ainsi uriner. Mais elle n’a pas réussi, car il n’y avait pas assez de peau.

Une fois de plus elle a essayé d’uriner debout. Puis, peu à peu, elle s’est hissée jusqu’à la cuvette. Dans cette attitude assise à califourchon, tournée vers le mur, elle a uriné. Puis elle est redescendue et a enfilé son slip. »

Envisageons ce problème les petites filles se sentent quelque peu lésées et envient les garçons. Cela ne veut pas dire qu’elles en soient forcément traumatisées. Généralement, si la petite fille a un concept de soi équilibré, elle se fera à l’idée qu’elle est différente. Elle comprendra qu’il y a beaucoup d’autres choses chez une fille qui compensent le manque de cet appendice.

Une maman peut aider sa fille à acquérir confiance et estime de soi en lui expliquant que si les petits garçons et les hommes ont un pénis, elle a une chose que les garçons n’ont pas : un utérus. Elle peut expliquer qu’un utérus est comme un petit sac spécial dans le ventre des petites filles et des femmes et que c’est l’endroit où les bébés grandissent, que les petites filles deviennent des femmes et qu’elles peuvent avoir des bébés mais que les garçons ne peuvent pas. Je me rappelle une petite fille à qui sa maman avait expliqué tout cela, qui arriva à l’école dans les jours qui suivirent en s’exclamant fièrement : « J’ai un utérus, j’ai un utérus »

Les garçons peuvent éprouver une profonde détresse en découvrant que les femmes et les petites filles sont dépourvues de pénis. Un petit garçon, avec un raisonnement primitif et direct, peut conclure qu’on a coupé ce pénis, et qu’il peut subir aussi ce châtiment s’il n’est pas gentil. Un garçon de cinq ans demandait un jour à sa mère où était son pénis. Elle lui rappela qu’elle lui avait déjà dit que les hommes et les petits garçons en avaient mais pas les petites filles et les femmes. Il lui répondit : « Oui, je me rappelle maintenant, c’est là où on te l’a coupé ! »

Dans une maison où l’atmosphère concernant les questions sexuelles est détendue et saine, où on considère les organes sexuels avec sérénité, le petit garçon qui craint qu’il puisse arriver quelque chose à ses organes génitaux comme punition se rassurera très vite. Le petit garçon en est généralement très fier et aime se montrer à ses parents et à ses camarades. Si une mère peut être détendue à cet égard, elle s’amusera probablement de la façon naïve dont son petit garçon montre ses caractères masculins découverts depuis peu. L’incident suivant relaté par une maîtresse d’école maternelle l’illustre très bien ;

« Charles et Jeanine, tous deux âgés de trois ans, construisent une maison avec des cubes géants. Tout à coup Charles lève les yeux et dit : « Je vais faire pipi. » Jeanine continue à jouer. Charles insiste : « Veux tu venir avec moi aux toilettes et me voir faire pipi ? » Jeanine acquiesce. Elle se lève et suit Charles aux toilettes. Sans avoir l’air de rien remarquer, je les suis et reste derrière la porte ouverte d’où je peux les observer sans les gêner. Charles ouvre son pantalon et dit fièrement : « J’ai un pénis ». Jeanine hausse les épaules et répond prosaïquement : « Je sais. » Charles urine et Jeanine l’observe. Elle semble un peu intéressée, sans plus.

Enfin. Charles lui dit : « Je n’ai pas besoin de m’asseoir comme toi, je peux faire pipi debout. » « Ça n’a pas d’importance. dit Jeanine avec obstination, mon frère fait comme toi. »

Que peut une mère pour aider son enfant à affirmer son appartenance au sexe féminin ou masculin ? Le facteur essentiel est que vous et votre mari acceptiez le sexe de votre enfant. Si vous êtes heureux que ce soit un garçon, il y a toutes les chances pour qu’il soit heureux d’être un garçon. Si vous êtes satisfaits d’avoir une fille, elle serait heureuse de l’être.

Mais le petit garçon et la petite fille ont aussi besoin de modèles à imiter. A cet égard, je pense qu’il est plus facile pour les petites filles que pour les petits garçons d’accepter et de fortifier cette conscience de leur propre sexe. Il y a plusieurs causes à cela. Entre autres la différence qui existe entre notre société urbaine d’aujourd’hui et ce qu’elle était il y a cent ans. A cette époque. la plupart des gens vivaient dans des fermes ou dans de petites villes. Un petit garçon d’alors voyait beaucoup son père. Il traînait derrière lui dans la ferme. Même si son père exerçait une activité telle que celle de notaire dans une ville de province, il rentrait déjeuner à la maison. De nos jours. les pères partent travailler le matin de bonne heure et reviennent tard le soir. Il arrive qu’un petit garçon voie très peu son père, sauf pendant les week-ends.

Il y a cent ans, on trouvait très peu d’institutrices dans nos écoles, et souvent garçons et filles avaient des maîtres à l’école primaire. Maintenant un garçon rencontre parfois son premier professeur homme en première ou en terminale. Il faut aussi considérer comme conséquence du divorce l’absence d’un modèle masculin pour les petits garçons. C’est généralement à la mère qu’est confiée la garde de l’enfant. C’est une situation plus facile à affronter pour les petites filles, car elles ont besoin d’un modèle féminin. Mais qu’en est il du petit garçon qui verra peut être rarement son père. en de telles conditions ? Où trouvera t il son modèle ?

Le remède à ces états de fait est simple mais apparemment difficile à appliquer : il faut que le père passe beaucoup de temps avec son enfant. garçon ou fille. Je souhaiterais détenir un moyen miraculeux pour convaincre les pères de l’importance de leur rôle. Malheureusement, beaucoup d’hommes paraissent si souvent esclaves de leur ambition et d’un besoin irrésistible de réussir, qu’ils trouvent peu de temps à consacrer à leurs enfants quand ceux ci sont petits.

Ils trouvent une explication logique en disant qu’ils travaillent pendant ces longues heures pour assurer financièrement l’avenir de leur famille.

Plus tard lorsque les enfants auront grandi. ils pourront passer plus de temps avec eux. pensent ils. Malheureusement, il en est rarement ainsi. Quand un père ne consacre pas beaucoup de temps à ses jeunes enfants, et s’il n’établit pas des liens profonds dans ces années décisives, plus tard les enfants ne manifesteront pas beaucoup d’intérêt pour leur père. Et c’est fort triste.

Même un père très occupé peut faire pour son jeune fils (et sa fille également) beaucoup de choses auxquelles il ne songe pas la plupart du temps. Par exemple il peut avoir de petites cartes à son bureau et les envoyer par courrier à son fils. Les enfants reçoivent peu de courrier, et ils seront fous de joie de recevoir une lettre de papa. Il peut aussi s’arranger pour lui téléphoner de temps en temps. Une conversation de cinq minutes peut représenter beaucoup pour son enfant.

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