D’abord, on ne cède plus. A l’époque de la contraception, la jeune fille ne livre plus son corps au risque énorme de la maternité. Bien sûr, c’est encore l’homme qui la sollicite car lui est soumis à un désir sexuel très pressant, alors qu’elle attend son heure, les circonstances favorables, les effets d’une impulsion hormonale cyclique. Mais elle ne cède pas. Sa décision est même très souvent
raisonnée. En fait, c’est elle qui décide de découvrir un plaisir dont elle connaît l’existence et qui choisit celui qui doit le lui faire découvrir. Ceci, bien entendu, si elle est vierge, ce que nous supposons. On ne peut donc plus employer le verbe céder, qu’il faudrait remplacer si l’on ne craignait les réactions aussi bien des féministes que des phallocrates par l’expression se servir de. Disons plutôt pour calmer tout le monde : « choisir, pour s’initier aux plaisirs du sexe »,
La jeune fille, vierge, doit elle pour cette initiation choisir son fiancé, et la non vierge doit elle répondre aux sollicitations de son fiancé P Voilé le problème.
Eh bien, là, nous sommes tentés de répondre à une question par une autre question : « La jeune fille ou femme désire t elle se faire épouser ? » Si c’est le cas, alors nous répondons à la première question : <non », Non, elle ne doit pas céder et en tout cas, plus elle cédera tard, mieux cela ira. Et ceci pour deux raisons.
La première c’est que la démarche de l’homme est très fausse. Il voudrait que la femme cède, car, pour lui, il y a urgence, et la réplétion de ses vésicules séminales lui inspire des arguments qui paraissent à première vue convaincants, et, d’autre part, il souhaite inconsciemment qu’elle ne cède pas, car dans son esprit une femme qui cède trop vite est une femme « facile » qui se déprécie par cette acceptation précipitée. On pourrait donc dire que l’homme ne sait pas très bien ce qu’il veut, si l’on n’avait acquis la conviction qu’il est très impressionné par celle qui se refuse à lui.
D’autre part, il y a en lui ce terrible besoin de conquête qui détermine presque entièrement son comportement aussi bien sexuel qu’affectif et que la femme ferait bien de ne pas méconnaître. Enfin, il y a chez l’homme une réaction psychologique élémentaire liée à un sentiment de fierté que l’on pourrait qualifier de préhistorique qui le fait s’entêter à vouloir atteindre la femme qui lui refuse ses faveurs. Il n’y a qu’à évoquer le souvenir de Napoléon dévoré par son amour pour Joséphine qui le négligeait superbement.
Certaines prétendront de très haut qu’elles ne veulent pas de ce genre de succès calculé et qu’elles désirent être épousées par amour et non par entêtement. N’insistons pas et d’ailleurs constatons que si la femme amoureuse voulait « calculer », elle ne le pourrait pas, car elle en est incapable.
Seule celle qui n’aime pas peut le faire, mais alors elle le fait très bien.
Cela explique le fait navrant que les femmes indifférentes et un peu frigides réussissent bien mieux leur placement conjugal que les passionnées et les fortement sexuées. Ces dernières « foncent » trop et le partenaire a trop vite l’impression que la femme est entièrement à sa merci, sans qu’il ait besoin de s’en préoccuper.
Les femmes dites « libérées » pourront toujours proclamer que ces notions sont périmées, elles ne changeront pas l’homme et la femme.
Nous voulons bien croire qu’un homme intelligent appréciera la femme livrée entièrement à lui par amour, mais les femmes libérées connaissent elles beaucoup d’hommes intelligents ?
Il est possible d’ailleurs que le problème soit inversé et qu’un homme trop amoureux se laisse manoeuvrer par une femme que cette domination aura lassée. Malheureusement, et jusqu’à plus ample informé, il y a plus de candidates au mariage que de candidats (voir les statistiques des agences matrimoniales). On est donc très tenté de conseiller aux jeunes filles et jeunes femmes, dans la mesure où un conseil dans ce domaine est valable, de ne pas céder.