Le contrôle de la vessie est plus difficile à obtenir que celui des intestins. Cela prend donc plus longtemps. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, les sensations physiques signalant à un enfant qu’il a besoin d’uriner sont moins nettes que la sensation d’un mouvement intestinal. Deuxièmement, chez l’enfant et du moins au début. le fait d’uriner est un réflexe automatique que déclenche la tension de la vessie. Au contraire, lorsque les fèces se sont formées à la suite du travail intestinal, la défécation requiert simplement un acte d’expulsion. Autrement dit. il est plus facile pour l’enfant de se contrôler pour faire quelque chose que pour empêcher que quelque chose ne se produise.
Le contrôle de la vessie présente deux aspects : le contrôle éveillé et celui du sommeil. Le contrôle éveillé vient généralement en premier. Geseil a remarqué qu’il se faisait en trois étapes. D’abord, l’enfant prend conscience qu’il s’est mouillé. Puis il comprend qu’il est en train de se mouiller et peut le dire. Plus tard encore, il commence à anticiper et à penser qu’il va se mouiller. Avant de commencer effectivement l’apprentissage de votre enfant, vous pouvez l’aider à exprimer ces étapes par des mots. Lorsque vous le changez vous pouvez lui dire : « Pierre est mouillé, regarde. » Si vous avez un enfant plus âgé vous pouvez faire appel à l’imitation pour entraîner le plus jeune. Laissez le plus jeune regarder son frère uriner et dire. « Paul fait pipi maintenant, regarde. Le père peut être d’une grande aide quand il s’agit d’un garçon en laissant l’enfant le regarder uriner debout. Si ces suggestions vous mettent mal à l’aise, n’essayez pas l’imitation comme méthode.
Quand vous serez prête à commencer à éduquer vraiment votre enfant à contrôler sa vessie, vous pourrez vous fier au signe biologique prouvant qu’il a besoin d’uriner, à savoir une vessie pleine. Mettez le en slip et dites lui qu’il est grand et qu’il peut faire pipi dans son pot. Si c’est un garçon. il se peut qu’il veuille uriner dans les W C comme papa. Dans ce cas, tout ce dont vous avez besoin est une petite marche sur laquelle il puisse monter afin de pouvoir uriner debout.
Certains livres traitant de l’éducation des garçons et des filles donnent l’impression que garçons et filles urinent d’abord assis. Ce n’est pas du tout naturel pour un petit garçon, et c’est dû très souvent au fait que c’est la mère qui éduque l’enfant. Il est beaucoup plus naturel d’apprendre à un petit garçon à uriner debout en imitant papa ou ses grands frères. Si votre petite fille veut uriner debout, laissez la faire, jusqu’à ce qu’elle comprenne que ça ne marche pas très bien pour elle.
Il vous faudra apprendre à votre enfant un mot simple, à son niveau, pour désigner ces fonctions biologiques. Pipi est facile à dire pour un enfant. Il semble que ce soit l’expression la plus répandue. Uriner présente des difficultés sémantiques. Le mot adulte uriner est trop difficile à prononcer pour un enfant. Mouillé est un mot simple également. Quoi que vous fassiez. évitez les circonlocutions que certains parents utilisent à cause d’une trop grande pudibonderie.
Là aussi il est bon d’habituer un enfant à uriner en différents endroits. Y compris dehors, afin qu’il ne se fixe pas trop exclusivement à un endroit ou à certaines conditions précises.
Le contrôle du fonctionnement de la vessie pendant la période nocturne suivra un progrès lent, avec des périodes d’hésitation. avant de se stabiliser définitivement. Ne comptez au début que sur des progrès lents. Récompensez l’enfant en le félicitant de ses succès et passez discrètement sur les « accidents ». Même quand l’enfant a acquis un bon contrôle général des fonctions urinaires. il aura encore des défaillances occasionnelles lorsqu’il sera absorbé par le jeu ou en cas de grande fatigue.
Le contrôle nocturne de la vessie ne peut être atteint que lorsque deux conditions sont remplies. Tout d’abord, l’enfant doit pouvoir contrôler la fonction pendant la journée. Ensuite. il doit pouvoir garder ses sphincters fermés sans se réveiller. Bien entendu, le contrôle nocturne sera plus difficile à acquérir que le contrôle de jour plus long aussi. Que devez vous faire, vous parents. pour favoriser le contrôle de nuit ? Rien. Absolument rien. Le développement naturel de la vessie, et d’autre part le fait que l’enfant a appris en contrôlant sa vessie dans la journée que l’urine doit aller dans la cuvette des W. C., apporteront tôt ou tard la solution au problème.
Quand votre enfant se réveille au milieu de la nuit, le lit mouillé, contentez vous de changer les draps sans insister. Dites seulement : La prochaine fois tu resteras sec toute la nuit . ou bien Peut être que la prochaine fois tu te réveilleras à temps pour aller aux W. C.
Un enfant qu’on a entra Ié au contrôle de ses intestins et pendant la journée de sa vessie, en suivant les méthodes décrites dans ce livre, et que sa mère a habitué à être propre
d’une manière détendue, et comme sans y penser. ne doit pas avoir de problème pour parvenir au contrôle nocturne à un âge normal. Les difficultés du contrôle nocturne se présenteront chez l’enfant qu’on aura déjà contraint pour acquérir le contrôle de la journée et qui s’en fait tout un monde. Cet enfant là sera plus long à acquérir le contrôle de nuit. Ou alors, il peut être irrité parce qu’on fait pression sur lui. Il se défoulera inconsciemment de cette animosité contre ses parents en mouillant son lit la nuit, parce qu’il peut alors « faire celui qui ne sait pas ». Il faut absolument que les parents admettent que l’enfant ne mouille pas son lit délibérément. Après tout, il dort quand cela se produit ! Il ne faut jamais punir un enfant qui fait pipi au lit.
Quelques cas de défaillance nocturne, très peu nombreux, ont des causes physiques. Ces cas sont clairs parce qu’il y a d’autres symptômes. comme l’inaptitude à se contrôler pendant le jour. ce qui permet au médecin de déceler les anomalies. Mais dans la plus grande majorité des cas, l’enfant mouille son lit à cause des tensions psychologiques qu’il subit. Si l’enfant mouille encore son lit après cinq ans, les parents doivent surtout s’abstenir d’essayer les différents remèdes de bonne femme que la plupart tentent cependant. malheureusement et sans succès (face à ce problème les parents font les choses les plus étranges). Si votre enfant mouille son lit après cinq ans, consultez un spécialiste plutôt que d’essayer de trouver la solution vous même.
Vous pouvez montrer à un enfant le chemin des W. C., mais vous ne pouvez pas l’y faire « aller » avant qu’il n’y soit prêt. Supposons qu’il ne le soit pas encore. Supposons qu’après une dizaine de jours. vos efforts pour le rendre propre soient absolument vains. Concluez en donc que votre enfant n’est pas encore prêt pour cet entraînement. Revenez en aux couches. et attendez quelques mois avant votre prochain essai. Nous avons commencé avec notre fils ainé quand il avait environ deux ans. Après une semaine il fut évident qu’il n’avait aucune envie d’apprendre à être propre à ce moment là. Plutôt que d’engager le conflit, nous en revînmes aux couches et nous essayâmes à deux ans et demi. Même résultat. Il n’était pas prêt. Nouvel essai donc, un mois environ avant ses trois ans. Et alors en l’espace de trois semaines, il apprit à contrôler ses intestins et sa vessie. Avec le plus jeune nous avons essayé aussi à deux ans. Il n’était pas prêt. Après être revenus aux couches, nous avons fait un nouvel essai à deux ans et demi ; il était prêt : trois semaines plus tard il était propre.