Vers le milieu du siècle dernier, dans le potager d’un monastère de Moravie, un moine obscur cultivait des petits poise II était cependant autre chose qu’un simple jardinier de couvent. La curiosité scientifique guidait ses expériences.
Fils de pauvres paysans originaires de Silésie, il avait obtenu de savants diplômes à Vienne, puis était venu enseigner la physique dans ce couvent de Brno. Le moine inconnu, qui devait cinquante ans plus tard devenir si célèbre, c’était le professeur Johan Grégor Mendel.
Il croisa deux espèces de pois : les premiers à grains lisses, les seconds à grains ridés. Ce faisant, il obtint une catégorie de pois dont la graine, â l’exemple des premiers, était lisse. Croisant entre eux les pois de cette première génération, il obtint une seconde génération comportant un pourcentage de 75 pois lisses pour seulement 25 pois ridés. Ainsi, le caractère ridé, complètement disparu de la première génération, reparaissait en une proportion somme toute étonnante à la seconde. Pourquoi ? Sans doute avait il été évincé au profit du caractère dominant le caractère lisse. Où chercher l’origine de ces deux caractères, lisse et ridé, sinon dans les cellules reproductrices du pois ? Aucun doute : un « quelque chose » devait se transmettre de génération en génération, les cellules reproductrices du mâle se combinant au hasard avec celles de la femelle.
Malheureusement, aucune personnalité scientifique n’accrédita la découverte de l’émouvant et modeste moine de Moravie. Johan Grégor Mendel mourut, comme il avait vécu, dans l’obscurité.
Pour qu’une science nouvelle découlant des principes établis par Mendel, la Génétique, prît forme, il fallut attendre quelques dizaines d’années. Ce fut l’Américain Morgan qui donna à la génétique une impulsion décisive.