Un enfant de neuf ans, avec qui je pratiquais une psychothérapie, avait un problème à l’école : il persistait à frapper les autres enfants. Il avait un niveau E (= très mauvais) pour la sociabilité.
Quand il vint me voir la première fois, il se battait avec d’autres enfants environ dix fois par mois. Après trois mois de traitement, cela n’arrivait plus que deux ou trois fois. Puis, quand le bulletin trimestriel arriva, ses rapports avec ses camarades furent encore notés E. La maîtresse expliqua à sa mère qu’elle avait encore dû lui donner un E, car il battait encore ses camarades dans la cour.
C’était une façon particulièrement maladroite de réagir. Sa maîtresse lui disait : « Olivier, je ne peux te récompenser d’une bonne note avant que tu n’atteignes le but final, c’est à dire que tu ne frappes plus un seul enfant dans la cour. » Elle ignorait qu’elle ne faisait rien pour récompenser cette amélioration lente.
Le garçon fut, bien sûr, furieux et abandonna. Il avait fait un effort sincère, avec mon aide, pour ne plus frapper ses camarades. « A quoi bon, Docteur ? J’ai seulement frappé trois camarades ce mois ci, et j’ai toujours la même sale note. » Et, psychologiquement, il avait raison. Il n’avait reçu aucun encouragement de son institutrice alors qu’il faisait un effort méritoire.
Que votre enfant apprenne à lire, à faire de la bicyclette, à jouer d’un instrument, à améliorer ses manières ou à cesser de frapper, les autres, quel que soit le but à atteindre, encouragez le à chaque pas. Intéressez vous au moindre effort positif de sa part.
Nous pouvons toujours découvrir une raison de complimenter nos enfants, en cherchant bien. Un petit garçon d’école maternelle était une sainte terreur pour son institutrice et pour ses camarades ; nous eûmes beaucoup de mal à trouver quelque chose qui puisse lui valoir des compliments et l’encourager ainsi à adopter une attitude plus positive.
Nous trouvâmes enfin. Pendant la sieste, un jour, nous vîmes qu’il se reposait tranquillement (probablement fatigué d’avoir donné tant de mal à ses parents la veille au soir). Sa maîtresse saisit l’occasion de ce comportement inattendu et lui dit : « Jean, tu es le plus sage du groupe aujourd’hui ! » Quand sa mère vint le chercher ce jour là, il lui dit fièrement : « Ma maîtresse dit
que c’est moi qui ait été le plus sage pendant la sieste ! » Et le jour suivant, il fit aussi la sieste tranquillement.
Lorsque nos enfants sont sages et qu’ils se tiennent correctement, nous y faisons peu attention, la plupart du temps. Ils ne nous gênent pas, donc nous les ignorons. Nous ne faisons rien pour encourager leur bonne conduite ! Mais lorsqu’un enfant se fait remarquer, il attire notre attention immédiatement ! En d’autres termes, nous encourageons aussitôt le comportement que nous ne désirons pas. Le, remède consiste à prendre le temps d’encourager le comportement souhaité au lieu d’ignorer nos enfants quand ils se conduisent bien. C’est particulièrement important si vous avez un garçon turbulent, difficile, qui vous tient tête. Quand il joue tranquillement, allez vers lui, caressez lui les cheveux ou embrassez le et dites lui quelque chose du genre : « C’est bon par moments, n’est ce pas, de jouer tranquillement. »