Par exemple, un de mes patients qui n’avait pas compris ce principe, avait un jour inconsciemment découragé sa soeur d’écrire des poèmes. Il était à l’université quand elle était encore au lycée. Elle lui envoya un poème qu’elle avait écrit et lui demanda ce qu’il en pensait. Il ignorait tout de la « psychologie du renforcement », aussi prit il le poème ligne après ligne, notant exactement ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas, disant par exemple : « voici un bon passage », ou « ceci est bien gauche », « j’aime ton style dans ce vers », « c’est un cliché très mauvais.
Le résultat de cet effort critique plein de sérieux fut qu’elle n’écrivit plus jamais d’autre poème. Pourquoi ? Parce qu’elle avait été découragée dans sa première tentative, par toutes les critiques négatives qu’il avait faites.
Comment aurait il dû réagir selon les techniques du renforcement ? Il aurait dû lui dire tout ce qui lui plaisait dans ce premier poème. Cela aurait été parfaitement honnête. Il y avait en effet beaucoup de bonnes choses. Il aurait dû passer sous silence ce qu’il n’aimait pas et ne faire aucun commentaire sur tout ce qu’elle aurait dû améliorer. S’il l’avait fait, l’idée « d’écrire des poèmes’> aurait été encouragée par son intérêt et ses compliments et elle aurait persévéré.
En lisant cela, vous pensez peut être que presque aucun de vos professeurs ne vous a traité de cette façon. Ils ne valorisaient pas ce qui était bon ruais faisaient toujours ressortir les fautes. Ce n’est que trop vrai, malheureusement.
Il est dramatique de constater que les dresseurs d’animaux sont de bien meilleurs pédagogues que les enseignants de notre pays. C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de parents ont tant de mal à apprendre à leurs enfants comment atteindre le but souhaité.
Nous mêmes n’avons pas été élevés avec ces techniques du renforcement , nous n’avons donc pas de modèle à imiter quand nous voulons agir ainsi avec nos enfants.