Il y a vingt ans encore, la question ne se posait même pas : on était enceinte, on portait une ceinture de grossesse. Mais c’était aussi l’époque où il fallait rester vingt et un jours au lit après
l’accouchement, et où une femme enceinte n’avait pas le droit de faire de la gymnastique.
Aujourd’hui, bon nombre de médecins sont contre la ceinture de grossesse (sauf dans certains cas précis mentionnés plus loin). Pourquoi une ceinture, disent ils. Pour soutenir l’utérus ? Mais c’est un soin qui doit être laissé aux muscles. Remplacez ces muscles, ils deviendront inutiles, inactifs, se relâcheront et perdront leur vigueur qu’ils auront grand peine à retrouver après l’accouchement. Une ceinture, c’est comme un plâtre. Lorsqu’une jambe est dans le plâtre, ses muscles fondent et s’amollissent parce qu’ils n’ont rien à faire. Une femme qui a des muscles fermes ne demandant qu’à remplir leur rôle, n’a pas besoin de porter une ceinture. Pourquoi superposer à la ceinture naturelle que forme une bonne sangle abdominale une ceinture artificielle ?
Voici cependant des cas où l’utilité de la ceinture de grossesse n’est pas discutée.
Une femme qui a déjà eu plusieurs enfants et dont les muscles sont très relâchés, aura une paroi abdominale trop distendue par sa nouvelle grossesse si elle n’a pas de ceinture. De même, une femme portant un bébé particulièrement lourd, ou des jumeaux. Enfin, en cas de relâchement douloureux des ligaments qui relient entre eux les os du bassin. une ceinture de grossesse apporte un réel soulagement en fournissant un bon support au dos. Une ceinture est également indispensable en cas de hernie.
De toute façon, jusqu’au quatrième ou même’ cinquième mois, vous n’éprouverez pas le besoin d’être soutenue par une ceinture. Après cette date, votre médecin sera le meilleur juge pour trancher la question.
S’il vous conseille d’acheter une ceinture (qui vous sera d’ailleurs remboursée par la Sécurité Sociale, voir Mémento), choisissez la bien. Pour être efficace, une ceinture de grossesse doit bien envelopper les hanches, c’est à dire descendre bas en avant, jusqu’au pubis ; être renforcée au milieu et sur les côtés, afin de ne pas se rouler soutenir l’utérus en maintenant fermement la paroi abdominale, mais sans gêner son développement, donc, n’être pas trop serrée.
N’achetez pas une ceinture sans l’essayer. Si elle vous donne une impression de confort et de soulagement, c’est qu’elle est bien adaptée à votre silhouette. Prenez de préférence une ceinture en tissu non élastique ; elle se détendra moins facilement. Mettez votre ceinture en étant couchée sur, le dos. Elle se placera mieux et soutiendra plus efficacement votre utérus lorsque vous serez debout.
Il n’est pas nécessaire d’avoir une ceinture de grossesse faite sur mesures, sauf dans certains cas spéciaux : mauvaise direction dans
le développement de l’utérus ou présentation anormale de l’enfant.
Si, par contre, votre docteur vous déconseille le port d’une ceinture, il vous recommandera en même temps de faire des mouvements de gymnastique pour fortifier vos abdominaux. Ne manquez pas de les exécuter régulièrement. Vous soutiendrez vos bas à l’aide d’un porte jarretelles en tissu léger tulle par exemple mais en prenant grand soin qu’il ne vous serre pas la taille.
Mais en aucun cas, vous ne porterez de jarretières. La circulation du sang est déjà ralentie dans les jambes au cours de la grossesse ; les jarretières, en serrant les cuisses, la gêneraient plus encore, ce qui provoquerait des varices.
Faire tenir les bas est le gros problème de la fin de la grossesse. Voici deux manières de le résoudre : le collant, mais qu’on ne peut guère porter qu’en hiver ;
le système suédois : deux grands élastiques extra souples (2 à 3 centimètres de large) croisés sur le ventre et dans le dos, formant mi bretelle, mi jarretelle.