Notre époque a tendance à ’s’orienter uniquement vers les faits et .à délaisser la fantaisie. On trouve beaucoup de bons livres pour enfants traitant de la réalité des choses, alors que les très bons livres d’imagination sont rares. Pourtant il faut cultiver l’imagination capricieuse, non pas l’éliminer. Un enfant qui a grandi sans que ses parents lui lisent des livres tels que Alice au pays des merveilles ou Le Petit Prince a été privé d’une grande richesse de fantaisie et d’imagination enfantine.
Nous pouvons aussi avoir recours à des activités qui n’empruntent pas au langage telles que musique, danse, arts plastiques. Ces activités donnent à l’enfant l’occasion d’exprimer ses sentiments et de développer son imagination et sa fantaisie.
Nous pouvons aussi lui raconter des histoires et l’encourager à en raconter. II y a une grande différence entre l’histoire que vous lisez à un enfant et celle que vous lui racontez. Quand vous êtes vous même le conteur, vous l’aidez à croire qu’il peut aussi inventer une histoire.
Les enfants se délectent particulièrement des histoires où vous leur racontez vos propres expériences enfantines, particulièrement quand vous aviez leur âge » ou à peu près. Prenez la liberté de broder un peu sur la vérité et de bâtir une histoire qui soit plus intéressante. (J’avais moi même une série d’histoires d’une petite fille appelée Summer Woomer Bow Bow, qui faisait un énorme gâteau au chocolat, si gros qu’il dépassait le toit de la maison.)
Quand vous racontez, faites varier votre rythme. Parlez très vite à certains moments et parfois lentement sur un ton théâtral. Changez aussi le volume de votre voix : forte, puis murmurée. Chaque fois que c’est possible, utilisez les sons et les effets sonores, car les enfants d’âge préscolaire les aiment : « L’abeille s’envola : Z Z Z Z... » ou bien. : « Le bon vieux train s’en allait : tchu tchu tchu tchu.
Un bon moyen pour encourager l’enfant à raconter lui même : servez vous d’une image comme point de départ. Trouvez une image intéressante dans un magazine, et montrez lui comment faire en lui racontant une courte histoire à partir de cette image. Montrez lui alors une autre image et laissez le s’essayer à son tour.
Autre méthode : racontez le début et laissez l’enfant inventer la fin. Quand il y a plusieurs enfants dans la famille, ils peuvent tous continuer l’histoire à tour de rôle en disant chacun une phrase.
Bien sûr, vous pouvez vous dire ; Je ne saurais pas. Je ne sais pas raconter ! Si c’est votre cas, je peux vous faire une révélation encourageante : même si vous êtes le conteur le plus maladroit et le moins doué du monde, votre bambin vous trouvera formidable ! Jamais vous n’aurez de meilleur public. Soyez donc confiant et essayez.
Enfin, pour développer chez l’enfant une imagination vive, l’aptitude des parents à considérer la vie comme un jeu est importante. A cet égard, les attitudes sont très variables. Certains sont plus guindés et dignes, certains plus joueurs et plus « pitres ». Restez vous mêmes. N’essayez pas d’être autre chose, mais plus vous pourrez faire le clown, plus vous donnerez libre cours à son imagination. Un de mes amis découpait les gâteaux d’anniversaire de ses enfants non pas en parts régulières comme tout le monde, mais en forme de cercles, en carrés, en rectangles, en losanges : « Je trouve que c’est plus intéressant comme cela », disait il.
Il faut aussi aider l’enfant à avoir des « imagos ». Par « imago », j’entends une image mentale inconsciente. J’ai fait passer autrefois des tests d’intelligence pour adultes dans lesquels. la section arithmétique était introduite par ces mots : « Voyons maintenant votre force en arithmétique. » Et chaque fois que je disais cela, une personne au moins s’écriait : « Je sais bien que je vais rater ce test, j’ai toujours été mauvaise en arithmétique. » En d’autres termes, l’image mentale inconsciente de l’arithmétique qu’elle se faisait était négative, parce que ses premiers contacts avec l’arithmétique, pendant son enfance, avaient été négatifs. Il faut donc aider votre enfant à avoir des images positives des différentes matières qu’on enseigne à l’école.
Comment faire pour y parvenir ? Veillez à ce que son premier contact avec un sujet ait lieu dans une atmosphère d’amusement et de plaisir.
Prenons l’exemple de la chimie qui se prête admirablement aux « expériences » préscolaires. Faire fondre du sel ou du sucre dans l’eau peut devenir une expérience de chimie. De même que faire de la pâtisserie simple. N’hésitez pas à employer le mot « chimie » devant l’enfant et suggérez lui de faire quelques expériences. Le « laboratoire peut être l’évier de la cuisine. Et quand votre enfant commencera d’étudier la chimie à l’école primaire ou au lycée, il en aura depuis longtemps une image positive. On peut faire la même chose avec la physique, les
langues étrangères, les mathématiques et la plupart des matières d’enseignement qu’on voudra présenter à un enfant d’âge préscolaire dans un contexte de plaisir et de jeux.