Il y a encore peu de temps, les médecins réservaient le déclenchement artificiel de l’accouchement pour des cas graves, des circonstances médicales impérieuses : futures mamans diabétiques, incompatibilité de rhésus, nouveau nés qui se faisaient attendre. Aujourd’hui, l’opinion des accoucheurs a évolué et l’accouchement programmé est devenu sinon courant du moins plus fréquent.
Imaginons une femme enceinte dont l’accouchement est prévu aux environs d’une date X, Son médecin la fera entrer en clinique quelques jours avant cette date et le matin du jour choisi pour l’accouchement, le déclenchement commencera. La femme sera conduite en salle de travail. Une perfusion d’ocytocine sera branchée. Qu’est ce que ’ocytocine ? C’est un produit tiré de l’hypophyse qui, injecté goutte à goutte, provoque des contractions utérines.
Avantage psychologique : La femme qui a accouché très vite la première fois, dans un car de police secours ou dans un taxi, est très souvent inquiète, lors de sa deuxième grossesse, à l’idée que les choses pourraient se passer à nouveau de la même manière. Le déclenchement permet de la rassurer. Il y a aussi le cas de la femme qui habite loin de l’établissement dans lequel elle doit accoucher (à la montagne, dans des coins isolés) et qui peut ressentir le même genre de crainte. Le fait de prendre rendez vous pour accoucher apaisera cette femme. Autre avantage pratique, si elle connaît le jour de son accouchement, la femme peut prendre ses dispositions familiales, donner ses enfants à garder, préparer sa maison. Le mari peut se libérer de son travail et s’arranger pour être présent ce jour là. Ceci est d’ailleurs l’un des motifs les plus courants de demande de déclenchement. La panne de voiture ou les embouteillages ne sont plus à redouter.
Avantage pour le médecin Le médecin peut prévoir son emploi du temps et être présent au bon moment. D’autre part, les sages femmes et les infirmières sont plus nombreuses de jour que de nuit, plus attentives aussi car plus reposées. On s’occupera mieux de l’accouchée si tout est prévu à l’avance.
Avantage médical : La future mère entre à la maternité la veille de son accouchement. Elle ne reçoit pas de petit déjeuner et est donc à jeun lorsque le travail commence. Le médecin a donc la certitude que son estomac est vide. Le risque de vomissements, en cas d’anesthésie générale, et de passage de débris alimentaires dans les bronches, parfois mortel, est ainsi évité.
Absolument pas. Certaines conditions essentielles doivent être respectées et ceci est l’inconvénient majeur de ce procédé : un déclenchement mal fait est infiniment plus dangereux qu’un accouchement spontané même difficile. Pour déclencher le travail d’une femme enceinte, le médecin doit s’assurer que le col de l’utérus est arrivé à maturité. Et ceci est fort délicat à reconnaître. Déclencher le travail sur un col résistant, c’est à dire qui n’est pas prêt à s’ouvrir, à se dilater, représente un danger considérable. D’autre part, la présentation de l’enfant doit être bonne. Le déclenchement est à prohiber si le bébé se présente par le siège. Enfin, l’accoucheur doit être sûr que l’enfant est à terme. Il doit, grâce à la courbe de température, si elle a été prise au moment de la fécondation, ou grâce à des moyens techniques, évaluer le plus exactement possible la date du terme et ne déclencher l’accouchement que lorsque ce terme est presque atteint.
Bien pratiqué lorsque le foetus est arrivé à maturité, le déclenchement de l’accouchement se passe normalement sans problème et sans douleur.