L’accouchement sans violence n’a rien à voir avec l’accouchement sans douleur. L’accouchement sans douleur a marqué, il y a vingt ans, un progrès considérable et a préparé en quelque sorte l’avènement de la (naissance sans violence). Mais cette méthode avait pour but d’aider la femme à accoucher sans qu’elle souffre et sans que le bébé meure. Cependant une question s’est tout naturellement posée : pourquoi ne se soucierait on pas aussi de l’enfant ?
C’est en réaction contre ce processus déshumanisant que certains accoucheurs ont formulé un souhait : que le bébé ne soit pas exposé à une lumière trop vive, que les gestes de l’accoucheur soient doux et caressants, qu’il n’y ait pas de pesage ni de test et qu’on lui parle dès la première minute comme à un être humain. Il y a quelques années, le D Frédéric Le boyer mit en pratique cette thèse et fit même un film pour montrer combien il était facile d’appliquer ces principes. Mais la pénombre et les caresses ne provoquèrent que cris et opprobre de la part du corps médical... et continuent d’en provoquer.
La méthode Le boyer consiste tout simplement à accueillir le nouveau né et à accorder de l’importance à ses premières expériences sensorielles, motrices et rationnelles. Elle s’appuie sur la simple observation comportementale du couple mère/nouveau né ; par exemple 20 à 30 min. après sa naissance, le bébé est capable de chercher, de trouver et de sucer le mamelon. Tous ses sens (toucher, odorat, audition et même vue) sont déjà impliqués dans cette tétée précoce et doivent être stimulés dans un climat favorable d’accueil et de douceur. Toutes ces stimulations agréables facilitent d’ailleurs l’oxygénation de l’enfant qui se trouve à la naissance dans un état de grande détresse respiratoire.
La naissance sans violence doit donc se dérouler simplement. C’est le père qui reçoit l’enfant et le pose sur le ventre de la mère. La pièce est ensuite plongée, non pas dans l’obscurité, comme on l’a écrit à tort, mais dans une semi pénombre, afin que le bébé ne soit pas aveuglé par une lumière intense.
L’accoucheur coupe ensuite le cordon ombilical et le père le reprend pour le baigner, en faisant très attention à la nuque déjà ébranlée par l’effort de la naissance. Au contact de l’eau, le nouveau né, crispé et hurlant, se détend peu à peu. « Il s’ouvre, il danse » littéralement dans son bain, et lorsqu’on lui parle, il réagit. Il est calme, détendu, en sécurité. Il sourit même, ce qu’on avait toujours tenu pour impossible, une 1/2 h après la naissance. Puis il bâille et c’est le moment de le reposer sur le ventre de sa mère. Enveloppé dans une serviette
chaude, il peut alors prendre sa première tétée de colostrum.
Le bébé risquerait, lors de ces contacts répétés immédiatement après la naissance, et surtout lors de la baignade, une contamination dangereuse. A cela, ceux qui pratiquent l’accouchement sans violence depuis plusieurs années répondent qu’ils n’ont jamais observé de cas d’infection ou de tétanos ombilical.
Autre sujet de discussion : l’appréciation de la douleur de l’enfant.
Selon le Professeur Minkowski, dire que le bébé souffre, relève de la « vaste rigolade ». On ne peut pas en effet le savoir, mais il est bien évident qu’à la naissance le bébé crie, se crispe, qu’il a du mal à respirer. L’accueillir selon la méthode dite Le boyer, le calme, le détend et l’aide à mieux s’oxygéner.