Elle s’exprime le plus souvent dans une opposition des systèmes Rhésus de la mère et de son foetus. Quel que soit son groupe sanguin, une femme de Rhésus négatif porteuse d’un enfant Rhésus positif développe, contre les cellules sanguines de celui ci, des anticorps susceptibles de passer la barrière placentaire pour détruire les globules rouges de l’enfant. La formation de ces anticorps débute lors d’une première grossesse, mais elle est, généralement, insuffisante pour être à l’origine d’accidents. C’est lors des grossesses ultérieures que ces derniers pourront se produire, la formation des anticorps étant alors de plus en plus rapide et de plus en plus importante. Cette incompatibilité a souvent rendu le pronostic très défavorable pour l’enfant ; mais il a été totalement modifié par les progrès de l’hématologie moderne qui représente sans doute la plus importante acquisition de l’obstétrique au cours de ces dernières années.
Lors de la grossesse, l’un des signes essentiels est l’existence d’un excès de volume du liquide amniotique ; aussi l’accouchement est il souvent prématuré, l’enfant étant fragile.
Les moyens de dépistage sanguin : La connaissance du Rhésus négatif de la mère et de la possibilité d’un enfant de groupe positif fait pratiquer, systématiquement, un dosage sanguin des agglutinines, c’est à dire des anticorps circulant dans le sang maternel. Une montée anormale du taux des agglutinines lors des examens successifs (pratiqués lors des 4 visites systématiques) impose une fréquence plus grande de ces derniers ainsi que de nouvelles explorations.
Le liquide amniotique : Lors de telles incompatibilités sanguines, le liquide amniotique permet d’apprécier le retentissement de l’affection sur le foetus ; celui ci peut apparaître teinté en jaune au simple examen direct, mais il est possible de réaliser un examen spectrophotométrique de ce liquide qui, à partir d’une courbe type déterminée (courbe de Liley), permet de préjuger de l’intensité de l’atteinte du foetus ; ceci peut conduire à la décision d’extraire prématurément l’enfant, afin de le protéger des 2 risques possibles que sont la mort in utero et la maladie hémolytique après la naissance.
La transfusion foetale in utero : Si l’atteinte est sévère et contre indique, à priori, l’extraction du foetus avant la 35e semaine, on peut renouveler partiellement le sang du futur nouveau né en modifiant ainsi son potentiel de cellules sanguines et en enlevant une grande partie des produits toxiques qu’il a accumulés.
La prévention : Il est devenu possible aujourd’hui d’utiliser, chez une femme de groupe Rhésus négatif, un vaccin anti Rhésus. Après l’accouchement (et particulièrement quand il s’agissait du premier), si les examens sanguins pratiqués chez la mère montrent le risque de survenue ultérieure d’une incompatibilité, on peut utiliser un produit détruisant les agglutinines ; ainsi, en vue des grossesses ultérieures, on arrive à éviter la sensibilisation, de plus en plus intense, que l’on constatait lors des grossesses successives.