Le mécanisme de l’orgasme chez la femme est beaucoup plus difficile à expliquer que chez l’homme, car chez elle on ne sait toujours pas très bien où cela se passe. En tout cas pas dans l’utérus ni dans les ovaires, ni dans les trompes, car la plupart des femmes qui ont subi l’ablation chirurgicale de ces organes continuent à avoir un orgasme parfait. Par contre, une émotion ou une situation conjugale conflictuelle suffisent parfois à empêcher une femme d’atteindre l’orgasme alors que son appareil gynécologique est en parfait état. Il est donc assez difficile de dire où et comment l’orgasme se déroule. Il est même difficile de le définir. Pour certains auteurs c’est l’instant de la plus grande intensité du plaisir lorsque l’on fait l’amour. Pour d’autres : « Le plus haut point de l’excitation génésique, ou le plus haut point du plaisir sexuel et son aboutissement. »
Au moment de l’orgasme, la contraction des muscles du visage de la femme montre graphiquement l’accroissement de la tension musculaire qui intéresse tout le corps. Les muscles du cou, les muscles des bras et des jambes ainsi que les muscles des fesses et de l’abdomen se contractent habituellement en un spasme involontaire. Le début physiologique de l’orgasme est signalé, quant à lui, par les contractions de la plate forme orgasmique qui est située dans le tiers externe du vagin. Cette plate forme est un rétrécissement du tiers externe du canal vaginal créé involontairement par la vason congestion localisée et la contracture des muscles de cette région, dont le rythme est même enregistrable. Les espaces intercontractiles sont de 0,8 seconde durant les ’trois à six premières contractions, et sont d’une durée égale aux premières contractions éjaculatoires du partenaire.
Les contractions de la plate forme orgasmique représentent une manifestation physiologique indiscutable de l’orgasme féminin, mais, jusqu’à nos jours, le mécanisme précis grâce auquel l’influence cérébrale, hormonale, ou une influence quelconque encore inconnue, peut activer cette réaction orgasmique, n’a pas été déterminé. Il existe aussi des contractions orgasmiques de l’utérus qui ont été enregistrées à la fois par des électrodes placées dans l’utérus et dans l’abdomen.
Des contractions involontaires du sphincter anal peuvent aussi se produire pendant l’orgasme, bien que beaucoup de femmes subissent l’orgasme sans montrer de contractions de ce sphincter. Quant au sphincter urétral externe, il peut aussi se contracter deux ou trois fois, exprimant ainsi le relâchement de la tension orgasmique.
Les seins ne montrent aucune réponse spécifique immédiatement après l’orgasme. Cependant la détumescence ou « dégonflement » des aréoles juste après l’orgasme est si rapide que l’on a pensé qu’il s’agissait là d’une réaction caractéristique de la phase de résolution. Cette rapide détumescence des aréoles vason congestionnées, aboutissant à un aspect resserré et plissé, ne survient que s’il y a vraiment un orgasme, et constitue une manifestation visuelle de l’orgasme féminin.
Le clitoris, les glandes de Bartholin et les grandes et les petites lèvres sont des organes génitaux pour lesquels aucune réaction physiologique spécifique aux niveaux de la tension sexuelle de la phase orgasmique n’a été établie. En plus de l’éjaculation, il y a deux différences physiologiques majeures entre l’orgasme masculin et féminin. Premièrement, la femme est capable de revenir rapidement à l’orgasme immédiatement après une expérience orgasmique, si elle est stimulée à nouveau, ceci avant que les tensions soient redescendues en dessous des niveaux de réponse de la phase en plateau. Deuxièmement, la femme est capable de faire durer une expérience orgasmique pendant assez longtemps.
Les émissions par la femme au cours de l’orgasme d’un liquide qui authentifierait cet orgasme ont été très discutées. Il est certain que la première réaction physiologique de la femme à une stimulation sexuelle quelconque est la lubrification vaginale. La substance lubrifiante apparaît sur les parois du vagin 10 à 30 sec. après le début d’une stimulation efficace quelconque. Mais ce ne sont ni le col de l’utérus ni les glandes de Bartholin qui fournissent l’essentiel de cette substance lubrifiante. En réalité, lorsque la tension sexuelle augmente, un phénomène de transpiration est observé sur les parois du canal vaginal. Ce phénomène de « sudation » procure une lubrification complète des parois du vagin dès le début de la phase d’excitation, et ce phénomène constitue certainement le premier signe de la réponse physiologique du canal vaginal à la stimulation sexuelle.