L’étymologie expliquant ce terme par la naissance de Jules César semble erronée. Il vient des enfants « caesares » que l’on faisait naître après la mort de la mère, lorsqu’on les croyait viables, en incisant le ventre de celle ci. Mais, jamais avant notre temps, l’opération n’avait été pratiquée sur une femme vivante. Elle consiste actuellement en une intervention fort simple. Ce qui naguère empêchait sa pratique était la crainte de l’hémorragie et de l’infection. Les transfusions sanguines et les antibiotiques ont totalement supprimé ces risques.
Dans quels cas est elle indispensable ? Seul le médecin a qualité pour en juger. Sa décision n’est prise que lorsque la future mère est dans l’impossibilité d’accoucher normalement. L’opération est quelquefois entreprise au cours du travail, quelquefois aussi avant qu’il n’ait commencé. Il existe des circonstances où une mise au monde par voie normale mettrait la vie de la mère ou de l’enfant en péril : la conformation étroite du bassin, le rétrécissement du col de l’utérus ou du vagin, certaines présentations irréductibles de l’enfant, un fibrome barrant l’issue, une coxalgie, une hémorragie interne importante, des contractions trop faibles ou, encore, un cordon ombilical trop long dépassant le foetus et le placenta qui se présente avant l’enfant, ceci étant un cas rare.
Elle consiste en incisions successives de la paroi abdominale, puis de l’utérus et, dans quelques circonstances exceptionnelles, par voie vaginale. On fait ensuite sortir l’enfant par cette issue ainsi tracée, en le prenant par les pieds.
Comme pour toutes les interventions, la césarienne se fait sous anesthésie totale. Elle est relativement courte et dure rarement plus d’une heure. Sa pratique est devenue si courante que le médecin n’hésite pas à y avoir recours dès qu’il redoute une difficulté majeure : il en informe même la future mère avant l’accouchement. Il n’existe donc aucune raison de s’alarmer de son éventualité.
Les préjugés ont la vie dure, mais ils ne tiennent ni à l’analyse ni à l’exemple.
On a souvent prétendu que, si une future mère avait subi une césarienne, son second enfant ne pourrait naître que de la même manière. C’est faux, sauf si ce qui a nécessité l’intervention vient d’une malformation : il est évident que si la future mère présente un bassin trop étroit, il restera étroit au second accouchement.
Il peut encore arriver que la cicatrisation ne soit pas suffisamment ancienne au moment d’une nouvelle grossesse trop rapprochée : l’effort dû au travail peut la faire céder et justifie donc une nouvelle césarienne.
On s’imagine aussi quelquefois qu’une césarienne coupe tout espoir d’avoir un autre enfant, sous peine de mourir en secondes couches. C’est également un vieux préjugé à abattre.
On peut mettre au monde plusieurs enfants après une césarienne. Tout au plus, faut il observer le temps normal de repos pour la cicatrisation, d’après les conseils du médecin. Une femme ayant subi une césarienne ne doit pas désespérer d’avoir d’autres enfants.
Mais il peut arriver qu’après un troisième enfant, le médecin conseille à la mère d’arrêter les éventuelles grossesses.