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 La delinquance infanto-juvenile

La notion de délinquance

Elle comporte une certaine part de relativité, puisqu’elle se réfère à la loi, partie écrite de la norme du groupe social, variable dans le temps et selon le lieu géographique.

Elle est essentiellement le fait des garçons (près de 90 % des cas). Elle apparaît, de façon manifeste, le plus souvent, lors de la crise pubertaire, période délicate où l’éveil des pulsions et le désir d’autonomie rencontrent les contraintes du milieu familial ; mais il faut souligner que cette délinquance proprement dite est très souvent précédée de manifestations intra et extrafamiliales plus précoces (vols, certains mensonges, actes agressifs, tendance à la destruction systématique, long passé de difficultés scolaires...). C’est de cette constatation qu’est née la notion de prédélinquance, actuellement ambiguë et imprécise, car il est très difficile de prévoir réellement le risque d’évolution vers la délinquance. C’est cependant vers ce type de troubles du comportement que se dirige l’intérêt actuel des recherches ainsi que les mesures législatives, dans de nombreux pays. On espère ainsi prévenir l’évolution ultérieure vers une vie délinquante.

L’inadaptation sociale

Elle correspond à un ensemble plus vaste de comportements « déviants », mais toujours délictueux : c’est ainsi que des sujets peuvent présenter dans l’enfance des troubles du comportement (opposition active, indiscipline scolaire, etc.) et plus tard trouver une intégration dans une profession autorisant une certaine instabilité, à la limite de la marginalité, (c’est le cas de certains artistes) sans jamais être délinquants.

Inversement, des actes relevant de la délinquance peuvent être commis, de façon sporadique, par des jeunes ne rejetant pas, dans son ensemble, la norme sociale : c’est le cas, par exemple, pour de nombreux vols commis par des enfants.

Le problème est, on le voit, complexe, et la difficulté est d’apprécier la signification d’un comportement en fonction de son résultat (préjudice porté à un individu ou à la société). Une telle démarche est, à l’évidence, peu adéquate dans le cas de l’enfant, car les possibilités de prévision, des conséquences de ses actes sont très réduites, par rapport à l’adulte.

L’augmentation de la délinquance

Malgré la difficulté de recueillir des données statistiques précises, il paraît certain que l’augmentation de la délinquance des jeunes est supérieure à l’accroissement démographique. I,e phénomène s’accentue régulièrement depuis la dernière guerre mondiale. Certains délits comme les vols de véhicules ou ceux commis par des groupes, augmentent plus rapidement que les autres. Récemment, on a aussi observé un net accroissement de la toxicomanie chez les jeunes.

Les diverses conduites délinquantes

Il faut insister sur une idée importante : ni le type, ni l’importance d’une activité délinquante ne suffisent à juger la gravité de l’inadaptation de l’enfant.

Il est indispensable : 

Les fugues

Si elles ne rentrent pas à proprement parler dans le cadre de la délinquance, elles peuvent, tout de même, y aboutir, par nécessité pourrait on dire. Les vols de subsistance ou les vols de véhicules sont fréquents. Les fugues ont des significations très diverses et sont souvent en rapport avec un geste impulsif de fuite face à un milieu éducatif défavorable. Le vagabondage, qui a un caractère de continuité, suppose, en général, un plus grand degré de désocialisation.

Les atteintes à la propriété

Elles sont fréquentes : elles constituent 70 % de la totalité de la délinquance juvénile. On y trouve 10 garçons pour 1 fille. La fréquence et la bénignité du vol chez l’enfant jeune doivent être rappelées. L’aspect utilitaire de l’appropriation d’un objet a, ici, une moindre importance que ce que représente l’acte dans la relation avec l’entourage. Les vols extrafamiliaux sont souvent accompagnés (ou ont été précédés) de chapardages dans la famille même. Cela remplit de perplexité et d’inquiétude les parents qui ne comprennent pas que l’enfant ait pu dérober ce qu’ils lui auraient accordé, et qui vivent sur l’idée populaire que « celui qui vole un oeuf, vole un boeuf ». Il est souvent difficile de ramener ces faits à leur juste proportion et d’en faire comprendre le sens.

C’est lors de l’adolescence que les vols prennent une valeur plus nettement utilitaire. Alors que, le plus souillent, l’enfant commet un vol seul, les adolescents volent plus volontiers en groupe, avec une technique plus perfectionnée. L’objet volé peut avoir une signification symbolique : on a ainsi souvent souligné les rapports des vols de voiture avec le désir de puissance, d’affirmation virile.

L’aspect d’agressivité, de provocation à l’égard des adultes ne doit pas être, non plus, négligé. Cela est particulièrement net lors de certains vols commis en groupe, qu’il s’agisse ou non de bandes organisées.

On a vu récemment s’accroître un autre type d’atteinte à la propriété : il s’agit de dégâts matériels saccages de maisons, sans que le vol en constitue le motif ; là encore ces actes sont commis en groupe.

Les délits de violence

lis sont aussi en augmentation. Il s’agit le plus souvent d’agressions physiques à types de <(coups et blessures », totalement gratuites ou à l’occasion d’incidents futiles. On a relevé, dans ces cas, l’existence d’une agressivité majeure, latente, coexistant avec un sentiment de frustration. L’homicide par contre, est très rare chez l’enfant. Il s’agit le plus souvent de garçons, chez lesquels il n’est pas rare de trouver des troubles de la personnalité proche de la psychose. Il faut noter, en outre, que la relation entre l’acte agressif, généralement très impulsif, et
sa conséquence fatale, n’est pas complètement perçue par l’enfant.

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