Pour des raisons culturelles et religieuses, la médecine psychiatrique a pris un grand retard sur la médecine somatique. L’étude de la physiologie du cerveau en est à ses débuts. On est donc obligé d’aborder les problèmes par l’extérieur, c’est à dire sous l’angle psychologique, mais cette habitude pratique se base sur l’existence de 2 facteurs : génétique et éducatif. La complexité de ces deux facteurs est telle que l’objet de cette étude est de donner une idée médicale très symptomatique des maladies mentales de l’enfant, en se tenant à l’écart de toute interprétation abusive qui viserait plus à chercher un certain reflet d’une vérité psychologique qu’à adopter une attitude thérapeutique.
On a pu mettre en évidence des facteurs génétiques indiscutables dans la genèse des maladies mentales, notamment dans les psychoses (schizophrénie, psychose maniaque dépressive). L’utilisation de produits chimiques médicamenteux et l’étude de leur action sur les différentes structures cérébrales permet de cerner de plus en plus près les mécanismes chimiques qui président à l’élaboration des fonctions psychiques (certains médicaments réduisent les hallucinations, l’angoisse, l’agitation psychomotrice, d’autres guérissent la dépression et peuvent entraîner la gîté, l’euphorie). Mais ces connaissances récentes, purement médicales, ne permettent pas encore une vision globale des processus organiques susceptibles de constituer la trame d’une affection psychiatrique précise.
L’examen du malade mental, en pratique quotidienne, ne porte vraiment tous ses fruits que dans la mise en évidence des erreurs éducatives dont l’enfant a été victime. De là à dire que ces erreurs sont le support même du trouble et donc à culpabiliser les parents, il n’y a souvent qu’un pas. En fait, l’enfant est une personnalité en formation : de la naissance à l’adolescence, son psychisme est fonction de la maturation de son corps (croissance, maturation sexuelle, équilibre endocrinien) et des interactions avec son entourage. En évolution permanente, il doit prendre conscience de lui même (tandis que ses caractères génétiques prennent toute leur expression) et des autres qui ont pour but de le former pour trouver une place la mieux acceptée possible dans une société donnée à une époque donnée.