La jalousie amoureuse a existé dans tous les temps et chez tous les peuples. Elle se manifeste aussi à tout âge et l’on peut dire qu’il s’agit d’un sentiment universel. On a affirmé qu’elle faisait partie de l’amour et qu’elle en était même une preuve. Oui, mais à condition qu’elle soit modérée et surtout contrôlée. Excessive et incontrôlée, elle est un des éléments les plus destructeurs de l’amour et du couple.
Pour les psychiatres, c’est une passion inquiète inspirée par la crainte d’être trahi par la personne qu’on aime. Ethymologiquement le jaloux est un être plein d’une douloureuse ardeur et qui est capable de violence.
Il faut tout de suite préciser que la jalousie n’existe pas seulement entre individus, mais qu’elle peut avoir un animal comme objet. On a cité le cas d’un jaloux qui accusait sa femme de faire l’amour avec son chien loup. A partir d’un certain degré, on peut considérer la jalousie comme une psychose passionnelle et la classer parmi les maladies psychiatriques. Le jaloux (homme ou femme) s’imagine alors qu’il est trompé par son partenaire et cela se double d’un délire de revendications, d’exigences, de contraintes. Il interprète tout de travers, notamment les bribes de phrases qui pourraient faire croire qu’il est trompé. A ce stade on est déjà dans la paranoïa qui peut être définie comme un trouble grave de l’interprétation et il s’agit d’une jalousie fabriquée de toutes pièces. La pire de toutes.
On cite le cas d’une vieille concierge alcoolique qui tyrannisait son vieux mari décrépit, sale et édenté en l’accusant d’une liaison avec la jeune et jolie locataire du troisième. Personne n’est jamais arrivé à la convaincre du ridicule de son accusation.
Le point de vue du psychiatre : Il y a en effet chez le jaloux pathologique une impuissance totale à reconnaître l’autre tel qu’il est. Le délire de jalousie est un complexe de dépression et de régression orale. La personnalité de base des grands jaloux se caractérise par deux traits de caractère essentiels : incapacité d’aimer et narcissisme. S’ils ne peuvent vraiment aimer autrui, ils ont besoin en revanche de se sentir aimés. Ils s’aiment eux mêmes avant tout, mais ils sont fragiles au niveau de l’estime de soi même. Tant qu’ils sont persuadés qu’ils sont très aimés, ils ne sont pas menacés par la dépression. En revanche, leurs déceptions amoureuses vraies ou imaginaires les entraînent dans une grave dépression. On peut donc dire que leur jalousie joue le rôle d’écran protecteur contre ce risque.
Les psychiatres affirment aussi assez souvent que le grand jaloux est un être qui lutter contre son homosexualité inconsciente. Il se dit : (Ce n’est pas moi qui aime l’homme qu’aime ma femme, c’est bien elle.) C’est donc pour lui insupportable. Il pourra ainsi être guéri au cours d’une psychanalyse quand le médecin lui aura fait découvrir qu’il était pédéraste.
Le jaloux est un partenaire tyrannique qui devient très vite odieux. Il est malheureusement aussi dangereux et son délire paranoïaque peut le conduire au meurtre. La jalousie représente toujours un des plus grands facteurs de criminalité. Dans beaucoup de pays la jalousie est considérée pénalement comme une circonstance atténuante des violences qu’elle occasionne. C’est là un point de vue insensé et rétrograde, une incitation à la violence, un encouragement au meurtre le plus odieux de tous, puisque la victime tombe sous les coups d’un individu qu’elle n’aime pas ou qu’elle n’aime plus étui veut la forcer à l’aimer.