L’obsédé est un sujet assiégé par des impulsions qui s’imposent à lui et dont il souffre car il en a pleine conscience.
Il faut dire que chez l’enfant, la scolarité et la surveillance parentale créent et entretiennent ce sentiment de doute anxieux qui est la base de la névrose obsessionnelle. Les scrupules foisonnent : devoirs qu’on recommence plusieurs fois pour une petite rature, marge de tant de carreaux, écriture calligraphiée, rangement minutieux des affaires, tandis que les prières du petit pratiquant sont répétées interminablement de peur d’avoir été dites imparfaitement.
Le sujet se défend contre ses idées obsédantes, en organisant sa vie suivant des rituels durant lesquels il se retrouve entièrement à la disposition de ses impulsions : par exemple passer une heure ou plus à ranger une chambre avant de se coucher chaque soir. Il est inutile de souligner que ces rituels, entravant grandement la vie sociale par la perte de temps et d’énergie psychique qu’ils impliquent, sont le juste prix de la neutralisation de l’angoisse du sujet.
On cherche toujours l’existence d’obsession chez l’un des parents car l’hérédité des obsessions est souvent vérifiée. La névrose obsessionnelle, très structurée, ne peut être affirmée en tant que telle qu’après 10 12 ans. Avant, on parle d’obsessions isolées qui ont valeur de signe d’alarme. Une situation traumatisante aiguë est souvent retrouvée dans les antécédents.
Le traitement en est difficile ; il est médicamenteux et psychothérapique, visant à renforcer la personnalité, à diminuer l’angoisse sous jacente, et à rompre le cercle vicieux obsession rituel.