Une phobie est une crainte angoissante déclenchée par un objet ou une situation n’ayant pas en eux mêmes un caractère objectivement dangereux, car leur caractère angoissant disparaît en même temps qu’eux.
Les principales phobies sont l’agoraphobie déclenchée par les grands espaces, la claustrophobie déclenchée par les espaces fermés (pièce, ascenseur), la phobie des moyens de transport. La phobie des animaux est plus fréquente chez l’enfant, la crainte de gros animaux n’étant qu’à demi pathologique lorsque l’enfant a été mordu par un chien par exemple ; les phobies des petits animaux, souris, reptiles, insectes, araignées sont plus significatives. L’érythrophobie est fréquente à l’adolescence : il s’agit de la peur de rougir en public. Enfin, certaines phobies dites impulsives sont à mi chemin entre les névroses phobiques
et obsessionnelles : le sujet a peur d’accomplir un acte pour lequel il se sent irrémédiablement attiré (peur du vide, de se jeter par la fenêtre, de passer sous un train ou un autobus, d’user d’un couteau pour blesser autrui, de dire des mots grossiers en public...).
Les traits communs à toutes ces situations phobiques sont : le déclenchement de l’angoisse, allant jusqu’à la panique ; la conduite d’évitement, qui consiste à tout faire pour éviter de se trouver dans cette situation.
Chez l’enfant, le pronostic dépend du développement psychique par ailleurs : bien des phobies disparaissent lorsqu’elles sont vite et correctement traitées. Là aussi, une trop grande complaisance est aussi néfaste qu’un rejet brutal.
Particulière à l’enfant est la phobie scolaire : il redoute la rentrée à la maternelle ou la rentrée des classes, refuse d’aller à l’école ou bien fait l’école buissonnière. Il s’agit souvent d’un lien trop étroit entre la mère et l’enfant qui rend difficile la séparation. La phobie du noir est également fréquente dans la première enfance. En elle même, la phobie de l’enfant ne comporte pas de gravité particulière. Il convient de faire le bilan de la personnalité de l’enfant, de noter l’évolutivité du trouble et de s’inquiéter d’une persistance après la puberté, car on peut alors voir se dévoiler une véritable névrose phobique, mais surtout obsessionnelle. C’est dire l’importance de la surveillance par le spécialiste, du dépistage d’erreurs éducatives et de maladresses parentales vis à vis des phobies de l’enfant, d’une éventuelle psychothérapie de l’enfant et de parents pour mettre à jour un conflit qui entretient l’élément phobique. Dans cette perspective, une séparation du milieu familial, à l’occasion de vacances par exemple, peut être décisive. On adjoindra un traitement médicamenteux anxiolytique et, éventuellement, antidépresseur.
En ce qui concerne les principales phobies de l’enfant, est il besoin de souligner l’importance de la présentation des faits dans l’éducation : l’école doit être une récompense, un endroit où l’enfant s’amuse et est heureux ; les animaux ne doivent pas être présentés comme dangereux, toute occasion de caresser un chien est bonne, et la mère ne doit pas montrer d’inquiétude ; l’enfant peut avoir droit à une lampe, ou à laisser le couloir allumé pour s’endormir ; enfin il est bon de veiller très scrupuleusement à ce que les enfants ne voient pas sur l’écran de télévision des scènes traumatisantes non indiquées pour leur âge. Trop de parents oublient qu’un poste constamment allumé est source de bien des frayeurs marquantes.