Si une mère appartient au groupe O celui des donneurs et que son fils soit du groupe A, le père fait nécessairement partie du groupe A ou AB. Il est impossible que des parents du groupe O aient un enfant du groupe B. De même, un couple appartenant au groupe AB ne pourrait engendrer un enfant du groupe O. L’hérédité des groupes sanguins suit fidèlement la loi de Mendel.
Aux Etats Unis, on fait couramment appel à l’examen du sang dans les procès en recherche de paternité. Ces tests ne permettent pas de dire : Vous êtes le père », mais ils permettent de dire :« Vous n’êtes pas le père. »
Au temps de sa jeunesse, Charlie Chaplin fut assigné par une jeune actrice qui prétendait qu’il était le père de son enfant. On examina le sang de Charlot ». Il appartenait au groupe O. Joan Barry appartenait au groupe A, l’enfant au groupe B. Le jury acquitta Chaplin : le père ne pouvait être que des groupes A ou AB.
Mais il y a mieux : lors d’une patrouille de nuit, la police de New York découvre une jeune femme étranglée sur un trottoir. Les détectives portent leurs soupçons sur une relation de la morte : un voyageur de commerce. Au cours d’une perquisition, ils découvrent quelques parcelles de sang sur le linoléum de sa chambre à coucher. Un docteur examine ce sang : il appartient au groupe A, groupe de la morte, laquelle avait dans son sac à main un mouchoir maculé de légères secrétions nasales, striées d’imperceptibles filets sanguins. Ces sécrétions étaient celles d’un individu du groupe B, le groupe du présumé assassin. Ce mouchoir était l’instrument du meurtre : le voyageur de commerce avoua.
Dans un cas français extrêmement dramatique, les tests du sang permirent l’identification de deux enfants échangés dans une maternité. Il s’agissait, d’une part, d’un débile mental et, d’autre part, d’un bébé parfaitement normal. t Cet enfant n’est pas le mien), se répétait sans cesse le père (officiel) de l’enfant atteint d’insuffisance mentale qu’il élevait depuis dix ans. Exigeant l’examen des sangs, il fut acquis qu’il appartenait au groupe A, sa femme au groupe B et l’enfant déficient au groupe O. L’enfant normal était du groupe AB. Son supposé père étant du groupe B et sa prétendue mère appartenant au groupe O, il ne pouvait donc être leur fils. Les deux enfants furent restitués à leurs vraies familles.