Votre enfant, à l’âge préscolaire, apprend à se séparer de sa mère. Dans la première adolescence, il ne sera pas encore tout à fait prêt. Pour l’enfant de deux ans, sa mère est encore le centre du monde et il a besoin d’elle. C’est pourquoi il n’est pas très bon d’envoyer un enfant de cet âge à l’école. Généralement, il n’est pas prêt à quitter sa mère trois heures par jour pour aller jouer avec d’autres enfants sous la surveillance d’une étrangère (sa maîtresse). Bien sûr, si une mère qui travaille doit confier son enfant de deux ans à une crèche pour des raisons financières, il n’y a pas le choix. Mais idéalement, un enfant ne devrait pas commencer à aller à l’école avant trois ans.
cet âge, un enfant a besoin de compagnons de jeux. Il veut se séparer de sa mère et prendre de l’indépendance. La meilleure façon de l’aider dans ce sens est de l’envoyer dans une bonne école maternelle. Même si un enfant de trois ans veut se séparer de sa mère et rejoindre le monde des enfants de son âge, il éprouve encore des sentiments partagés quand il s’agit de quitter la sécurité protectrice de sa mère.
Il est donc normal qu’il ressente « l’inquiétude de la séparation » que certains enfants éprouvent plus que d’autres car sa mère a été son « point d’appui » pendant trois années complètes.
Peut être pouvons nous mieux nous en rendre compte si nous pénétrons, en imagination, dans l’esprit d’un enfant de trois ans à son premier jour d’école maternelle. Nous pouvons imaginer le monologue suivant : « Maman m’a conduit dans cet endroit que je ne connais pas. Elle m’a dit que cela me plairait et que je m’amuserais bien, mais maintenant je n’en suis pas sûr. Maman m’a dit que la dame qui est là bas est la maîtresse. Comment est elle ? Sera t elle gentille avec moi ? Est ce qu’elle s’occupera de moi ? Qui sont tous ces enfants que je ne connais pas ? Je n’ai jamais vu tant d’enfants ensemble dans le même endroit ! Est ce qu’ils vont m’aimer ? Est ce qu’ils vont être de gentils camarades pour jouer, ou est ce qu’ils vont me battre ? J’ai peur. Finalement, je ne suis pas sûr du tout d’aimer cet endroit. Maman ! ne me laisse pas ! J’ai si peur que j’ai envie de pleurer. »
Et il se met à pleurer. Si vous vous trouvez dans une maternelle un jour de rentrée, en septembre, vous y trouverez bon nombre d’enfants en train de pleurer, que les maîtresses tiennent sur les genoux et tentent de consoler.
Tous, je dis bien tous, les enfants de trois ans éprouvent plus ou moins les sentiments que je viens d’essayer de décrire. Si l’enfant est psychologiquement sain et équilibré, il peut les éprouver de façon momentanée. Puis il se laissera conduire au milieu des autres et commencera de s’occuper avec eux. Mais même si l’enfant sans pleurer et sans faire d’histoires peut se mettre à jouer avec les autres, il sera peu enthousiaste quand il s’agira de laisser partir sa mère.
Examinons encore une fois les sentiments qu’il éprouve : « Bien sûr, je m’amuse avec cette terre glaise, mais je m’ennuie de toi, Maman. Cela me fait tout drôle d’être ici tout seul. Maman, tu as dit que tu reviendrais à l’heure, mais est ce que c’est vrai ? Je crois que je vais téléphoner pour être plus sûr. » (A ce moment il décroche un téléphone jouet que la maîtresse de la maternelle a intelligemment placé là pour cela.) « Allô ! Maman ? Oui, je suis ici, je joue avec de la terre glaise., cela me plaît bien. Est ce que tu vas bientôt venir ? D’accord, Maman, à tout à l’heure ! »
Un enfant peut exprimer son impression de séparation, non pas avec des mots, mais par une sorte de « langage somatique » ou par des symptômes physiques. Quand c’est l’heure de partir à l’école le matin, il peut avoir de violentes douleurs aux jambes, mal au cour, ou des étourdissements.
Un jeune enfant peut aussi manifester des réactions différées quand on le sépare de sa mère. Tout semble aller pour le mieux la première semaine. L’enfant entre sans protester à l’école, apparemment sans se soucier du reste. Sans que nous nous en rendions compte, il cache son anxiété en faisant bonne figure. Mais cette anxiété finit par être plus forte que lui après deux ou trois semaines et il dit alors à sa mère, stupéfaite, qu’il a peur d’aller à l’école. « Comment ? Il n’avait aucune appréhension la première semaine ! » Mais si, il avait peur ! Mais la mère ne s’en est pas aperçue parce qu’il se retenait. A la longue il n’a pas pu réprimer davantage son anxiété qui a fini par déborder.
Séparer votre enfant de vous et le livrer à lui même en compagnie d’enfants de son âge est un grand pas à franchir pour lui. S’il ne peut fréquenter la maternelle, il faudra l’aider à réaliser ce processus indispensable de séparation d’avec vous en l’encourageant à se mêler aux jeux des petits voisins, ce qui, particulièrement avec un enfant timide, ne sera pas aussi facile que s’il peut aller à la maternelle. Car, dans ce cas, une maîtresse compétente peut aider l’enfant à effectuer cette séparation. Vous pouvez y parvenir malgré tout, et au chapitre Il je vous indiquerai comment vous pouvez recréer chez vous des conditions semblables à celles d’une école maternelle.