La place de la syphilis dans la pathologie obstétricale a considérablement diminué. On trouve de moins en moins de formes extrêmement virulentes et riches cliniquement. Le plus souvent, il s’agit uniquement de formes révélées par les examens sérologiques spécifiques. A travers les âges, la syphilis a été souvent considérée comme responsable de très nombreux accidents au cours de la grossesse (avortements à répétition, accouchements prématurés, malformations congénitales, etc.).
Le retentissement de la syphilis sur le foetus se fait par le passage du germe en cause (le tréponème) à travers la barrière placentaire (il est possible à partir du 5e mois).
La syphilis peut retentir sur le développement de l’oeuf par la survenue d’avortements spontanés qui sont classiquement tardifs ou bien d’accouchements prématurés (encore que ceci soit difficile à prouver).
Elle peut être, également, soit la source de mort foetale et donc provoquer accouchement et avortement, soit la cause de manifestations cutanées et de lésions viscérales comme de grosses rates ou de gros foies. En fait, le plus souvent l’enfant naît sain en apparence et la connaissance de la syphilis maternelle impose naturellement de rechercher la syphilis chez l’enfant. De surcroît, une anomalie quelconque chez l’enfant peut être considérée comme un mauvais pronostic pour la survie et appelle donc un traitement.
Après la découverte d’une syphilis, la femme doit absolument éviter d’être enceinte, et ce n’est qu’un an après la guérison clinique et sérologique qu’une grossesse pourra être envisagée. Cependant, si la grossesse survient ou si la syphilis est découverte pendant la grossesse, il est nécessaire de mettre en oeuvre le plus tôt possible un traitement antisyphilitique. Le traitement antibiotique le plus efficace, à l’heure actuelle, est celui qui utilise la pénicilline ou ses dérivés. En règle générale, 2 cures successives seront pratiquées pendant la grossesse, la 1e le plus tôt possible, une fois la maladie découverte, la 2 moins intense, vers le 6 mois. La pratique d’un traitement, aussi précoce que possible, permet d’espérer l’élimination de la maladie avant le terme du 5e mois et donc, d’empêcher le passage du germe à travers la barrière placentaire. Si, malgré tout, des signes de syphilis congénitale existent chez l’enfant (soit lésions cutanées, soit anomalies viscérales, ou anomalies sérologiques dans le sang de l’enfant) et en cas de syphilis chez la mère, on pratiquera des tests sérologiques de façon systématique, à partir du sang du cordon lors de sa section à l’accouchement, mais également sur le sang de l’enfant ; pour ce dernier, les doses seront adaptées à son âge.