L’obstétrique, ces dernières années, a accéléré ses progrès. Non seulement les futures mères sont plus suivies et mieux soignées, mais les femmes qui se croyaient irrévocablement stériles, peuvent caresser l’espoir de maternité. Voilà la grande nouvelle, Sans doute, le fait ne sera t-il pas encore généralisé de sitôt, mais l’essentiel est qu’il soit acquis, et que la preuve en ait été faite. Le mauvais fonctionnement des trompes de Fallope n’est plus un obstacle insurmontable à l’espoir de maternité.
Il est né, nul ne l’ignore, en Angleterre. On l’attendait avec curiosité, et certaines femmes qui se sentaient concernées, avec anxiété et un immense espoir au cour.
Déjà, en France, il y a quelques années, le professeur Thibault avait réussi des implantations fécondées in vitro chez l’animal. Les professeurs Edwards et Steptoe sont allés plus loin. Dès lors que la fécondation in vitro réussissait chez l’animal, elle devait être possible chez l’être humain. Leur exploit a été couronné de succès. Bien que la conception de ce bébé ait été une totale réussite, il ne faut pas se leurrer. On doit s’attendre à un certain pourcentage d’échecs : tous les cas de stérilité ne sont pas dus aux mêmes causes et toutes les ovulations en éprouvette ne seront pas des réussites.
A partir du moment où il a été pondu, l’ovule est, en principe, prêt à la fécondation. Minuscule, translucide et sphérique, protégé par une membrane gélatineuse et souple, il va entreprendre un voyage de 2 à 7 jours, sur un parcours de 10 cm, pour arriver finalement à l’utérus. Il doit passer par l’une des trompes de Fallope, placées de chaque côté de l’utérus. Ce sont d’étroits canaux de 4 mm environ de diamètre. L’ovule s’y engage et avance, poussé par des sortes de petits cils qui tapissent la trompe, et par les mouvements de celle ci. Dans l’utérus, l’ovule restera environ 12 heures au maximum 24, pour être fécondé par le spermatozoïde. Si la rencontre n’a pas lieu, l’ovule dégénère.
En connaissant le processus de ce voyage, on comprendra pourquoi il est rendu impossible lorsque les trompes sont obstruées.
Le cas de la jeune femme anglaise est typique. Mariée depuis 7 ans, malgré son désir de maternité, elle ne s’était jamais trouvée enceinte. Il fallait déceler la cause de la stérilité. Après des examens, on a conclu à l’imperméabilité des trompes. Ceci a été prouvé par l’injection d’un liquide colorant, qui rend les organes visibles à la radiographie. Un traitement hormonal a ensuite été appliqué pour stimuler l’ovulation ; puis un ovule a été prélevé. Cette opération se fait au moyen du coeliotome, tube éclairant, introduit au niveau de l’ombilic par une très petite incision qui permet de repérer l’endroit où l’ovule sera extrait à l’aide d’une aiguille d’aspiration.
Au moment où l’ovulation a été accomplie, l’oeuf recueilli a été mis en éprouvette avec 0,1 mm de sperme du mari. C’est là que devait avoir lieu la fécondation. Lorsqu’on a jugé cette fécondation achevée, l’oeuf recueilli a été implanté dans l’utérus de la jeune femme. Enfin arrivé par un long détour dans son habitacle maternel, l’oeuf a pu continuer à se développer normalement.
Comment s’est comportée la nature quelque peu bousculée ? Apparemment fort bien. Le bébé, une petite fille, est d’un poids normal. Elle crie, pleure et dort comme tous les bébés du monde. Actuellement de nombreuses expériences sont faites également en France, et des grossesses avec cette méthode ont été provoquées qui devraient être menées à terme.
C’est un nouvel espoir pour un grand nombre de femmes rendues stériles à cause d’un mauvais fonctionnement des trompes.