Aide un enfant à vaincre son sentiment d’inadaptation et à bâtir un solide concept de soi.
Tous les enfants se sentent inadaptés à cause de leur taille et de leur manque d’expérience dans leurs contacts avec le monde. Beaucoup d’adultes minimisent ces deux facteurs et les sentiments qui en résultent.
Les enfants sont petits, impuissants, et bien inférieurs à leurs parents et aux autres adultes pour affronter le monde qui les entoure. Si vous êtes incrédule, tentez cette expérience. Marchez sur les genoux pendant un certain temps. Voyez ce que vous ressentez devant ces géants du monde des adultes. Ce sentiment d’impuissance que vous éprouveriez correspond à ce que les enfants ressentent. C’est pourquoi ils ont besoin d’une aide affective et des encouragements de leurs parents afin d’apaiser ce sentiment d’inadaptation.
Comme je l’ai montré précédemment, on peut offrir essentiellement cette aide à un enfant par la technique du reflet des sentiments et lui montrer que nous comprenons vraiment ce qu’il ressent. C’est le seul geste vraiment rassurant que nous puissions accomplir. Le fait même qu’un adulte lui montre qu’il comprend très bien son angoisse, l’amène de façon assez surprenante à être rassuré.
Malheureusement, beaucoup d’adultes imaginent l’enfance comme une époque insouciante. Nous avons donc tendance à minimiser l’importance de ce sentiment d’insécurité et de crainte. Nous avons tendance à considérer comme des problèmes de peu d’importance ce qui trouble nos enfants, comparés aux vrais problèmes auxquels nous nous heurtons dans la vie adulte. Un de mes petits malades de six ans résuma cela fort bien. Parlant d’un événement qui l’avait bouleversé et dont son père lui avait dit qu’il « n’y avait pas de quoi pleurer », il s’écria : « Pour lui c’était une petite chose mais pour moi c’en était une grande ! »
Quand un enfant est confronté à une tâche nouvelle qui entraîne un sentiment d’inadaptation, nous pouvons lui laisser entendre que nous le comprenons fort bien. Nous pouvons lui donner une aide affective en lui montrant que nous lui faisons confiance et que nous sommes son allié. L’important est de lui faire comprendre qu’il n’est pas seul. Chaque fois qu’il a besoin de vous, il doit pouvoir solliciter votre aide. Ce problème de disponibilité ne doit pas être pris à la légère par les parents. Un père ou une mère peuvent être physiquement présents dans une maison, mais l’enfant peut très bien sentir qu’ils ne sont pas vraiment là au sens « d’être disponibles s’il a besoin d’aide et de compréhension.
Les parents peuvent offrir un appui affectif par des démonstrations tangibles de leur tendresse. Les enfants ne perdent jamais, en grandissant, ce besoin de marques d’amour. Une caresse, un baiser, un bras passé autour des épaules, être bordé dans son lit sont des manifestations silencieuses essentielles par les quelles on peut exprimer à un enfant « qu’on est là » et qu’on est à ses côtés chaque fois qu’il a besoin de nous. Les parents négligent souvent ces mots magiques chargés d’un lourd contenu affectif : je t’aime. (Il se disent parfois : je lui montre mon amour par mes actions, pourquoi l’exprimerais je par des mots ?
Si c’est votre opinion, laissez moi vous poser une question : bien que l’attitude de votre mari vous assure de son amour, seriez vous satisfaite de passer le reste de votre vie sans l’entendre dire qu’il vous aime ? Sûrement pas. Vos enfants partagent votre sentiment. Ils ont besoin de vous l’entendre dire.
Attention. Il ne faut jamais essayer de manifester physiquement votre affection à votre enfant ou de lui dire « je t’aime » quand vous ne le ressentez pas très profondément. Ne vous livrez pas aux effusions uniquement parce que vous pensez que ce serait bon pour lui. Si vous le faites, votre enfant percevra ce manque de sincérité. Il sentira que vos mots ou vos gestes affectueux ne correspondent à aucun élan véritable. Cela le déroutera et le troublera car il sentira qu’il reçoit de vous un message ambivalent. A l’aide de vos paroles et de vos gestes vous lui dites que vous l’aimez, mais vos sentiments profonds disent le contraire. Si, à un certain moment, vous ne ressentez aucune affection spéciale pour lui, il vaut mieux ne rien dire et ne rien faire que de jouer la comédie...