La durée de la grossesse, donc la date prévisible de l’accouchement, représente une valeur moyenne qui peut varier d’une femme à l’autre et d’une grossesse à l’autre. Le terme moyen peut être considéré comme normal de 15 jours avant la date prévue à 8 jours après cette même date.
On dit qu’un accouchement est prématuré s’il survient après le 180e jour et avant le terme de 8 mois 1/2. Ces accouchements ne posent, en règle générale, aucun problème particulier pour la mère, mais nécessitent une surveillance foetale stricte : en effet, le foetus ne doit pas souffrir d’un accouchement difficile car il est plus fragile que tout autre élément, et il doit être accueilli dans des conditions qui lui sont propres, permettant son traitement en service spécialisé si certaines manifestations particulières à la prématurité apparaissent.
La menace d’accouchement prématuré lors du dernier trimestre de la grossesse nécessite une hospitalisation et des soins particuliers.
Si malgré ces traitements, l’accouchement paraît inéluctable, il faut faire en sorte qu’il soit aussi rapide et peu traumatique que possible pour l’enfant.
Dans certains cas de pathologie maternelle (diabète, incompatibilité sanguine, etc.) il peut être nécessaire d’envisager de faire naître l’enfant (soit par une césarienne, soit par un accouchement par voie basse) plus tôt que le terme prévu. Une telle attitude comporte, d’une part la surveillance de la maladie maternelle, d’autre part une appréciation de la vitalité de l’enfant en dosant régulièrement l’oestriol et même en pratiquant des ponctions amniotiques (amniocentèse), ce qui permet d’apprécier la maturité de l’enfant et de son parenchyme pulmonaire afin qu’il naisse dans les meilleures conditions possibles. Il est souhaitable que l’accouchement ou l’extraction de l’enfant se fasse en milieu spécialisé pouvant disposer d’unités de réanimation néo natale.
La majorité des femmes n’ayant pas accouché à la date prévue s’inquiètent et viennent consulter. La constatation d’un dépassement franc de la date du terme impose
une recherche de la cause et oblige à envisager un accouchement déclenché.
La post maturité peut ne trouver aucune explication particulière, et l’accoucheur devra rechercher, en tout premier lieu, une erreur dans la détermination de la date de l’accouchement. Le problème posé est celui de la vitalité du foetus ; celle ci peut être d’ailleurs compromise par une pathologie de l’enfant chez qui l’absence de développement de l’extrémité céphalique s’accompagne de prolongation de la grossesse au delà du terme.
En dehors des signes qui pourraient témoigner d’une erreur dans la détermination du terme (premier signe sympathique de grossesse, taille du volume utérin aux examens successifs, perception des premiers mouvements actifs), des tests doivent être pratiqués : recherche de signes de souffrance foetale par l’auscultation cardiaque, dosages hormonaux, frottis vaginaux. Mais à l’heure actuelle c’est l’amnioscopie qui est de plus en plus usitée. Cet examen consiste, à l’aide d’un tube optique spécial introduit par voie vaginale dans le col utérin, à apprécier la couleur du liquide et la présence de verni dont la disparition traduit généralement un dépassement du terme. Cette surveillance de la transparence normale du liquide amniotique aide l’obstétricien dans la décision à prendre quant au déclenchement de l’accouchement.
La surveillance d’une grossesse prolongée doit permettre d’éviter la mort foetale in utero qui risque de se produire. U est fréquent que lors de la mise en travail on constate que le liquide est teinté ou se teinte progressivement ; cette constatation impose absolument le déclenchement. L’enfant né après terme a un aspect particulier : il n’est pas recouvert de verni, la peau de ses extrémités desquame, ses pieds et ses mains sont fripés, son poids est souvent plus faible que ne le laisse prévoir sa taille.