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 L’avortement ou fausse couche

L’avortement ou fausse couche est l’expulsion du foetus avant la date où il est viable ; cette date se situe aux environs du sixième mois de la grossesse. (En cas d’expulsion du foetus après cette date mais avant le 9’ mois, on parle d’un accouchement prématuré.)

Dans le langage courant, on emploi en général le mot avortement pour une interruption provoquée de la grossesse, et l’expression fausse couche pour une interruption accidentelle ou spontanée. Les médecins ne font pas cette distinction : le mot employé par eut, pour parler d’une interruption de la grossesse avant le sixième mois, quelle qu’en soit l’origine, est le mot avortement. C’est celui que nous emploierons.

La médecine distingue plusieurs avortements. Nous ne parlerons pas ici de l’avortement provoqué volontaire sauf pour dire qu’en dehors du fait qu’il constitue un crime, il peut mettre en danger la vie de la femme qui le provoque ou l’empêcher à jamais d’avoir un enfant.

L’avortement thérapeutique : s’il n’est en aucun cas admis par médecins considèrent que la vie de la mère serait en danger si la grossesse continuait. Ces cas sont si rares que nous n’en parlerons pas non plus .

Chute très brutale, un accitraumatisme, peuvent provoquer un avortement. La chose est rare, et il arrive souvent qu’une chute de cheval, ou d’une échelle, n’ait aucune conséquence. Néanmoins, un traumatisme violent peut être dangereux chez une femme sujette aux avortements spontanés, ou chez une femme dont la grossesse n’est pas absolument normale, ou dont la grossesse est compliquée de troubles tels que hypertension, albuminurie, etc.

Enfin, il est certain que le point d’application du choc a une importance essentielle : il est plus redoutable lorsqu’il atteint directement l’utérus.

L’avortement spontané : est dû à une cause pathologique : maladie e la mère, intoxication, troubles endocriniens, etc. Dans un certain nombre de cas, il est malheureusement difficile de déterminer l’origine d’un avortement. Il est donc impossible de le prévenir. Mais on connaît aujourd’hui un certain nombre de causes d’avortement. Ce sont, soit des causes maternelles, soit un défaut de l’oeuf, soit enfin une incompatibilité entre le sang de la mère et celui de l’enfant.

Causes maternelles : tout d’abord les maladies dont nous avons parlé plus haut et ce es dont nous parlons plus loin (syphilis, pneumonie, typhoïde, etc.) ; puis les intoxications, en premier lieu l’alcoolisme ; certaines intoxications dite professionnelles qui atteignent parfois les ouvrières manipulant des produits toxiques tels que plomb, sulfure de carbone, oxyde de carbone, tabac, benzol, etc. ; les intoxications dites endogènes’ a : les néphrites albuminuriques, le diabète, etc. ; enfin, les intoxications produites par certains médicaments.

En dehors de ces causes affectant l’état général de la mère, certaines causes particulières peuvent être à l’origine d’un avortement.

Tout d’abord un déséquilibre hormonal, c’est à dire un manque ou un excès d’une hormone. Autrefois, on disait : la syphilis est la cause n° 1 des avortements. Le professeur Pinard, grand obstétricien français, l’appelait la grande avorteuse a. Aujourd’hui, on estime que ce n° 1 revient aux troubles hormonaux. Vous verrez page 94 le rôle important que joue l’hormone du corps jaune, la progestérone, dans l’établissement et le maintien de la grossesse : elle préside à la nidation de l’oeuf (voir page 103 ce qu’est la nidation), empêche les contractions de l’utérus, arrête l’ovulation. Mais elle ne peut remplir convenablement son rôle que si la folliculine secrétée parallèlement ne dépasse pas un certain taux. Si le rapport du taux folliculine progestérone n’est pas respecté, la nidation est impossible ou interrompue. C’est pourquoi, lorsqu’une femme est sujette aux avortements spontanés, on pratique dès le début de la grossesse un dosage d’hormones, pour savoir si ces avortements ne sont pas dus précisément à un déséquilibre hormonal, qu’on corrigé dans ce cas en donnant de l’hormone défaillante.

D’autres causes locales peuvent interrompre la grossesse : une malformation de l’utérus, une affection de la muqueuse ou du col de l’utérus, un kyste des ovaires, etc.

Défaut de l’oeuf : parfois, c’est un défaut de l’oeuf lui même ou une mauvaise position de celui ci qui empêche la grossesse de se développer ; par exemple, l’ovule fécondé s’arrête trop bas dans l’utérus. Il peut également se fixer en dehors de celui ci, donnant lieu à une grossesse extra utérine.

La grossesse extra utérine la plus fréquente est la grossesse dite tubaire, c’est à dire celle qui se développe dans une trompe. Il est rare qu’elle évolue’ au delà du troisième mois, car l’oeuf n’a pas la place de se développer dans un petit canal qui n’a que quelques millimètres de diamètre. Rapidement, il fait éclater la trompe : une hémorragie interne se produit qui nécessite aussitôt une intervention chirurgicale.

Dans des cas très rares, l’oeuf se fixe dans l’ovaire même. D’autres fois dans la cavité abdominale, sur le péritoine : là, il peut parfois se développer jusqu’à terme sans complications.

Les causes favorisant une grossesse extra utérine sont le plus souvent une malformation de la trompe, ou un fibrome qui se développe sur le trajet conduisant de l’ovaire à l’utérus.

Incompatibilité sanguine : En dehors de ces causes qui proviennent soit d’un mauvais ta général de la mère, soit d’un défaut de l’oeuf lui même, une incompatibilité entre le sang de la mère et celui de l’enfant peut parfois provoquer un avortement : voir le facteur Rhésus.

Quels sont les signes qui annoncent un avortement ? Un avortement n’a pas lieu brusquement d’un jour à l’autre . Avant d’être expulsé, l’oeuf met quelques jours, parfois quelques semaines à se décoller. Mais certains symptômes annoncent qu’un avortement se prépare. Ces symptômes sont d’autant plus accentués que la grossesse est plus avancée. S’ils sont signalés à temps au docteur, ils lui permettront souvent d’empêcher l’avortement. Ces symptômes sont les suivants :

Dès l’apparition de l’un ou de plusieurs de ces symptômes, il faut que vous vous allongiez immédiatement. Puis, que vous téléphoniez à votre docteur ou que vous l’envoyiez chercher. Lui seul pourra vous dire s’il y a vraiment menace d’avortement, si celui ci est inévitable ou s’il peut être enrayé. Dans ce dernier cas, il vous indiquera un traitement que vous devrez suivre scrupuleusement, sous peine de voir votre grossesse interrompue. Lorsque vous serez remise, vous pourrez vous lever huit à dix jours après la dernière hémorragie.

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