Ils intéressent bien sûr les jeunes en phase pubertaire (entre 14 et 16 ans). Mais on trouve aussi, parmi ces cas, une proportion non négligeable de l’ordre de 10 à 15 % d’enfants de moins de 13 ans. Après 17 ans en revanche, ces délits se font plus rares, probablement parce qu’une activité sexuelle adulte devient alors mieux tolérée par l’entourage.
A côté du viol, souvent collectif et d’attentats à la pudeur, la prostitution occupe une place importante. Ainsi, parmi les prostituées mineures, la majorité a commencé avant l’âge de 18 ans. Il faut constater ici, la prépondérance des facteurs sociaux : l’attrait de l’argent, contrastant avec l’indigence du milieu familial (d’ailleurs souvent dissocié), joue un rôle beaucoup plus important que les pulsions érotiques. La prostitution peut de plus apparaître comme une nécessité au cours de fugues, on l’a vu, mais aussi dans le cadre des grandes toxicomanies.
Leur fréquence, après s’être accrue entre 1967 et 1973, est peut être actuellement en voie de stabilisation. Sans vouloir minimiser l’importance de ce problème, il est possible qu’un certain phénomène de mode ait joué un rôle. Bien des jeunes auraient sans doute exprimé autrement leur inadaptation et leur attrait pour la déviance sociale, sans la publicité faite autour de la drogue par les organes d’information, friands de sensationnel.
Contrairement aux anciens toxicomanes, qui n’utilisaient qu’une seule drogue, toujours la même, les jeunes cherchent à goûter à toutes les catégories de produits. Il existe, en effet, plusieurs types de drogues.
On en consomme la résine (haschich) ou des parties de la plante elle même (marijuana, kif), le plus souvent mélangées à du tabac et fumées. Le cannabis a des propriétés surtout sédatives et euphorisantes. Mais il peut déclencher aussi des sortes d’états d’ivresse avec hallucinations. Une consommation importante et prolongée induit en outre des états d’hébétude dans lesquels le malade se trouve sans force et sans volonté (syndrome de perte de motivation).
Ce sont des médicaments stimulants. Ils sont utilisés par les toxicomanes en injections intraveineuses. Ils peuvent induire des états délirants avec sentiment de persécution, excitation et agressivité.
Ils sont particulièrement dangereux, de même que les produits de synthèse chimique qui leur sont apparentés. L’hérédité, en particulier, induit rapidement un état de dépendance physique très marqué, qui oblige le sujet, sous peine de douleurs très pénibles à renouveler de plus en plus souvent et avec des doses de plus en plus fortes, ses injections intraveineuses. Seul le traitement en milieu hospitalier permet le sevrage. Outre la déchéance physique, qui est ici rapide, les infections, dues aux conditions dans lesquelles sont pratiquées les injections, sont fréquentes. Enfin, la mort peut survenir â l’occasion d’une dose trop forte (la concentration en produit actif de la poudre vendue clandestinement est très variable).
Ce sont soit des dérivés de synthèse chimique comme le LSD (actif à des doses infimes), soit des extraits de certains champignons. Ce sont également des produits dangereux car, les expériences hallucinatoires qu’ils déclenchent ne sont pas toujours agréables : des suicides sont survenus au cours de crises d’angoisse déclenchées par les visions et les sensations de désagrégation corporelle provoquées par ces drogues. Dans certains cas, en outre, ils ont précipité, sinon déclenché, l’évolution définitive vers une maladie mentale grave.
A côté des drogues importantes, d’autres produits sont utilisés plus ou moins épisodiquement par les toxicomanes. Parmi eux il faut noter l’éther qu’il est facile à se procurer dans la pharmacie familiale ; bu ou respiré, il produit une ivresse. Sa consommation prolongée peut être à l’origine de dégâts cérébraux irréversibles.
Toxicomanie de prédilection des jeunes prépubères aux Etats Unis, elles ont les mêmes effets, mais elles n’ont heureusement pas connu un tel succès en Europe.
Il est, plus souvent qu’on ne le croit, associé à diverses toxicomanies chez les jeunes.
Il est complexe, mais on peut relever 2 ordres de facteurs.
Par la toxicomanie, certains adolescents cherchent à s’intégrer dans un monde particulier, en opposition avec la société actuelle et les attitudes morales de leur milieu familial. Cette « sous culture » (ou même « contre culture ») qui comporte son langage propre, sa mystique, plus ou moins inspirée des religions orientales, ses modes vestimentaires, n’est pas un des moindres éléments de l’attrait qu’exerce la drogue sur les jeunes gens. En fait, les « communautés » de toxicomanes n’ont finalement qu’une existence éphémère, et chacun se retrouve seul.
Ils sont divers :
Le simple arrêt de l’intoxication ne pose guère de problème, à condition d’être réalisé en milieu hospitalier (surtout pour les dérivés de l’opium) ; la désintoxication vraie, c’est à dire l’abandon définitif de la toxicomanie, est beaucoup plus difficile à obtenir tant que les problèmes affectifs individuels ne sont pas résolus et qu’une insertion sociale stable n’est pas trouvée.
Le problème a surtout été préoccupant au cours des années 1950 1960. Ces bandes, nombreuses dans les banlieues des grandes villes, regroupent des sujets de 13 à 22 ans, pour lesquels la délinquance et les actes de violence constituent une expression de la vie du groupe plutôt qu’un but en soi (à la différence des bandes de délinquants adultes qui se forment dans un but précis, le vol en général). On trouve dans ces bandes, d’une part des sujets intelligents, actifs qui jouent le rôle de meneurs et d’autre part des jeunes plus passifs, souvent immatures avec parfois un certain degré de débilité mentale, et qui sont à la recherche de modèle d’identification, qu’ils ne trouvent pas dans leur famille.
Les facteurs familiaux et socio économiques jouent ici un rôle prépondérant (en particulier l’urbanisation).
Ce problème des bandes organisées doit être distingué des actes délinquants commis à l’occasion de rassemblements occasionnels (concert de pop music, moto, etc.) et qui relèvent plutôt de la psychologie des foules. Plus encore que les adultes, les enfants et les adolescents sont réceptifs à ces réactions explosives des grands groupes humains. Le sentiment d’individualité, à cet âge est sûrement moins important que le désir d’être semblable aux autres.
Chez les enfants, ils sont le plus souvent, l’expression d’une agressivité peu spécifique, à l’origine de laquelle on trouve en général de sérieuses difficultés familiales ou scolaires. L’intérêt pour le feu, en lui même (suggéré par le terme « pyromanie », souvent utilisé à tort), qui est un sentiment quasi universel, ne joue qu’un rôle secondaire. Il serait abusif d’ailleurs de considérer comme un « incendiaire », un enfant qui mettrait accidentellement le feu en jouant, comme il est fréquent, avec des allumettes.
La délinquance n’est pas une maladie à laquelle on pourrait trouver une cause unique. Elle rassemble, on l’a vu, des comportements différents, qui ont pour caractéristique commune la transgression des règles qui président au fonctionnement social, et à l’origine desquels on peut relever l’intervention de multiples facteurs.
Sans revenir sur la théorie dépassée du « criminel né » de Lombroso (XIXe siècle), certaines caractéristiques de l’individu lui même semblent avoir une influence sur la délinquance. C’est ainsi qu’on a révélé qu’une anomalie des chromosomes, le doublement du chromosome Y (qui est particulier au sexe masculin) était environ 10 fois plus fréquente chez les délinquants que chez des hommes pris au hasard dans la population. Il ne faudrait cependant pas en déduire que ce double chromosome Y conduit inéluctablement à la criminalité : le risque statistique exact d’une telle évolution n’est pas connu.
On a, aussi, l’habitude de considérer que l’épilepsie peut prédisposer à la délinquance. En réalité, si certains épileptiques graves présentent des troubles du caractère et sont impulsifs, la plupart des épileptiques mènent une existence normale pour peu qu’ils soient correctement traités ; malgré sa mauvaise réputation, l’épilepsie devrait être considérée comme une maladie comme les autres et non comme une « tare mentale ».
Elle peut favoriser l’entrée dans la délinquance du fait de la faiblesse du jugement et de la suggestibilité qu’elle entraîne.