Le développement moteur de l’enfant, qui reflète son développement physique, dépend d’un ensemble très complexe d’éléments neurologiques, affectifs et intellectuels.
L’enfant né à terme passe la plus grande partie de son temps à dormir.
Au repos, le nouveau né garde la position qu’il avait durant toute sa vie intra utérine. Il a encore la position du foetus, est recroquevillé, sa colonne vertébrale étant en état de cyphose.
Ses membres supérieurs sont posés de chaque côté du corps, les avant bras étant repliés sur le thorax. Ses membres inférieurs sont en triple flexion. Quant à la tête, elle est ballante.
Le nouveau né montre une activité motrice abondante qui se manifeste par des mouvements, asymétriques et anachroniques, de flexion et d’extension, saccadés et incontrôlés.
Le cour bat plus rapidement que chez l’enfant ou chez l’adulte. On compte 130 à 150 pulsations à la minute.
Les poumons travaillent au rythme de 40 mouvements respiratoires d’inspiration et d’expiration, comme chez un athlète en plein effort.
La sensibilité cutanée est très développée. C’est un test de bon état général.
Le goût apparaît dès la naissance et le nouveau né est très sensible à une saveur agréable qu’il apprécie, mais il sait aussi refuser un biberon qui n’est pas à son goût.
La motricité bucco pharyngée existe : l’enfant tète (c’est le réflexe de la succion) et déglutit les liquides.
La motricité oculaire est ébauchée. Il réagit à une lumière violente en battant des paupières, et sa prunelle se rétrécit. L’enfant sursaute au bruit 3 4 jours après la naissance. Il ferme les paupières, ce qui prouve qu’il a une bonne perception auditive.
Le nouveau né est très sensible à toute manifestation viscérale, pleure et s’agite.
Dans les premiers jours de la vie, il fait preuve d’une activité motrice réflexe ; ce sont les réflexes archaïques du nouveau né.
Le réflexe de la marche automatique :
L’enfant, mis en position verticale sur un plan dur, avance ses pieds alternativement. Cela disparaît au bout de quelques semaines.
Le réflexe de Moro ou réflexe de précipitation à terre :
Si on fait semblant de lâcher brusquement l’enfant, mimant une chute rapide et verticale, il ouvre les bras.
Le réflexe de succion :
Il est très développé et c’est le plus précoce et le plus durable des réflexes.
Le réflexe des points cardinaux :
Si on lui chatouille les coins de la bouche, le nez ou le menton, le nouveau né tourne la tête dans chacune des directions qui ont été excitées.
Le réflexe de grasping ou d’agrippement des mains :
Les doigts du bébé sont hypertoniques. L’introduction d’un objet dans sa main provoque une pression intense de ses doigts. Il est fréquent de le soulever en lui donnant juste un doigt de chaque main.
Le réflexe des bras en croix ou réflexe d’embrassement :
Il se voit lorsqu’un bruit violent survient. Il provoque l’élévation des bras, l’ouverture des mains, puis les bras se rapprochent dans un geste d’embrassement.
L’enfant est le plus souvent couché. Il faut veiller à ce qu’il soit allongé, la tête tournée tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Souvent, il a un côté favori et, s’il reste dans la même position plusieurs semaines, le développement des os du crâne et des muscles du cou peut en souffrir.
A 1 mois, l’enfant peut soulever sa tête un court moment et, à 3 mois, il la tient droite.
L’enfant est toujours un peu hypertonique ; vers 2 mois 1/2, les membres supérieurs sont encore en flexion alors que les membres inférieurs sont, désormais, en extension. De 1 à 3 mois, il ressemble beaucoup à une poupée de son. Pour fortifier sa musculature, on peut profiter des séances de changes pour le laisser remuer, pédaler les jambes en l’air. On peut aussi stimuler les muscles de ses pieds en lui chatouillant la voûte plantaire, il recroqueville, alors, ses orteils. Ce mouvement est très utile à la formation de la voûte plantaire.
Assis, l’enfant a encore la colonne vertébrale en arc de cercle (cyphose), le tronc touchant les cuisses.
L’enfant, à 2 mois, commence à fixer un objet, mais si celui ci se déplace, il le perd de vue. A cet âge, le strabisme est très fréquent.
A 3 mois, il suit de l’oeil l’objet en mouvement. Il est aidé par sa tête dont il contrôle maintenant l’agilité. C’est entre 3 et 6 mois que se fait l’apprentissage de la cuillère au moment des repas et qu’il apprend à boire dans un verre.
L’enfant commence à s’intéresser à tout ce qui l’entoure, fait du bruit, bouge. Il est sensible à la lumière et tourne la tête dans tous les sens.
Les séances de gymnastique sont toujours recommandées. En jouant, on aide le bébé à se constituer une bonne musculature.
On peut le faire ramper en le posant à plat ventre, et en mettant la main derrière ses pieds. Il exerce alors une pression qui le fait avancer et fortifie ainsi les muscles abdominaux et ceux des jambes.
Vers 4 5 mois, en position de repos, l’enfant a ses 4 membres en extension et l’hypertonie diminue. Il « pédale », agitant alternativement ses jambes : c’est souvent un signe de joie.
Vers le même âge, couché sur le ventre, le nourrisson se redresse sur ses avant bras et relève la tête.
Ce n’est que vers 5 6 mois que, couché sur le ventre, il relève la tête pour suivre quelque chose qui l’intéresse ; ce sont les muscles du cou et des épaules qui, en se développant, ont permis ces progrès.
Vers 4 mois, il suit parfaitement un objet en mouvement. C’est aussi l’âge où le bébé s’efforce d’attraper un objet. C’est alors un acte volontaire, bien différent du réflexe d’agrippement des premiers jours, mais qui manque encore de coordination et de précision.
A 5 mois, le nourrisson prend contact avec l’objet convoité par un mouvement de balayage des 2 bras.
C’est à partir de cet âge que l’on peut commencer à asseoir l’enfant, ce qui doit être progressif, cette position étant, au début, très fatigante pour lui : les premiers temps, quelques minutes dans son fauteuil ; ensuite, vers 3 4 mois, dans certaines chaises « transat » en toile où l’enfant est à demi allongé, mais peut mieux voir tout ce qui l’entoure. Entre 5 et 6 mois, se produit son premier déplacement. C’est à ce moment là qu’il va chercher à changer de position : il se met tantôt sur le ventre, tantôt sur le dos.
Vers 6 mois, 6 mois 1/2, l’enfant commence à se tenir assis, sans appui, jambes très écartées (à 900). Cependant, il ne faut pas prolonger cette station assise trop longtemps, car ce pourrait être dangereux pour la colonne vertébrale. A mesure que les jours s’écoulent, il perfectionne cette station assise et, vers 8 mois 1/2, il a acquis le contrôle de son équilibre antérieur, puis postérieur.
A 9 mois, il s’assied enfin seul et sait conserver son équilibre latéral.
A 6 mois, le bébé debout ressemble beaucoup à une poupée molle ; les jambes gesticulent et finalement les genoux fléchissent et il s’assied.
A 7 mois 1/2, aidé par sa mère, il peut se tenir, un court moment, debout. Vers 8 ou 9 mois, il le fait en s’aidant des mains ; c’est l’âge du parc et des premières bonnes chaussures montantes. C’est aussi à ce moment que commence la marche à 4 pattes. L’enfant tient debout vers 10 mois. II peut alors passer de la position debout à celle assise et vice versa : pour cela, il s’agrippe à son parc, aux barreaux d’une chaise.
Il explore tout avec les mains et la bouche. Il faut donc mettre hors de sa portée tout ce qu’il serait susceptible d’avaler, tout ce qui peut être dangereux pour lui.
L’enfant marche avec l’aide de ses parents. Le mouvement est son occupation favorite et il s’acharne à parfaire ses gestes, attrape des objets minuscules, poursuit une balle... et part à la découverte du monde.
Un enfant trop sage, triste, qui ne semble pas vouloir bouger, et reste à contempler ses mains inlassablement, doit inquiéter ses parents. Il semble alors nécessaire de consulter un spécialiste et d’envisager un examen neurologique.
L’enfant a pris de l’assurance et son autonomie de déplacement : il marche seul.
L’enfant parfait sa nouvelle acquisition. Il marche plus
« posément », on a moins l’impression qu’il court après son équilibre.
L’enfant de 18 mois touche à tout et, de ce fait même, fait beaucoup de bêtises, casse beaucoup de choses... Il part en exploration et chacun sait que cette entreprise comporte des dangers
A l’âge de 18 mois, un enfant monte l’escalier à 4 pattes et, entre 18 et 20 mois, debout, avec la main secourable de sa mère. Vers 22 mois, il le descend convenablement et commence aussi à donner de grands coups de pieds dans un ballon. S’il entend de la musique, spontanément, il se met à danser.
A 2 ans, c’est un « grand » qui aime être considéré comme tel. Il monte et descend seul l’escalier.
A 30 mois, il peut se tenir en équilibre sur une jambe, sans appui.
L’enfant de 2-3 ans a acquis son « schéma corporel » : il commence à bien connaître son corps, a besoin d’espace, prend conscience de sa force, développe les muscles de ses bras et de ses épaules en transportant des objets de toute taille et ceux de ses membres inférieurs en courant partout, en sautant.
Il a appris à coordonner ses gestes et ses mouvements de pieds ; c’est l’âge de la première conquête de l’espace et de son moyen de locomotion, le tricycle.