Cette conscience de l’importance à donner à « l’éducation tactile » fut une des idées géniales de Maria Montessori et est à l’origine de la faveur du « mouvement Montessori » aux Etats Unis ces dernières années.
Montessori dit qu’elle offrait aux enfants des abstractions matérialisées . Par là, elle voulait dire qu’elle leur proposait des idées abstraites sous une forme concrète, que l’enfant puisse manipuler au cours d’une activité quelconque : elle conçut ainsi toute une série de jeux éducatifs qui permettent à l’enfant, par simple manipulation, d’apprendre les mathématiques, la physique, la lecture, l’écriture, etc.
D’autres spécialistes de l’éducation des enfants ont suivi la voie ouverte par Montessori. On peut se procurer dans le commerce des jouets éducatifs bien conçus qui peuvent faire aborder à votre enfant la pensée abstraite par l’usage des matériaux concrets à manipuler.
Un Belge, Georges Cuisenaire, qui fut l’un des disciples de Montessori, inventa un ensemble d’objets permettant aux jeunes enfants d’apprendre l’arithmétique et les mathématiques :. les réglettes de Cuisenaire. Il s’agit d’une série de bûchettes de bois de différentes longueurs et de couleurs variées. C’est ce qu’on a trouvé de mieux jusqu’à maintenant pour enseigner l’arithmétique et les mathématiques aux enfants. L’enfant peut apprendre à additionner, soustraire, multiplier et diviser. Il peut apprendre à vérifier son propre travail pour voir si c’est correct. En utilisant ces réglettes, il peut même commencer à aborder l’algèbre. La Compagnie Cuisenaire d’Amérique vend un matériel spécial pour les parents, avec un jeu complet de réglettes et des instructions progressives pour que les parents puissent apprendre à leurs enfants à s’en servir.
Les jouets éducatifs de ce genre sont fondés sur le principe qui consiste à laisser l’enfant découvrir lui même les objets. Ce qu’il découvre par lui même s’implante dans son esprit avec beaucoup plus de force que ce qu’on lui explique.
Prenons un exemple : vous laissez votre enfant s’entraîner à peindre avec des couleurs différentes. Vous pourriez lui dire comment il peut mélanger le jaune et le bleu pour obtenir du vert. Mais si vous le lui dites, cela le prive du frisson de la découverte personnelle. Pourquoi ne pas agir de façon différente. Donnez lui donc de la peinture jaune et de la peinture bleue, et dites lui : « Pourquoi n’essaies tu pas de les mélanger pour voir ce qui se produit ? » Il essaiera et son visage s’illuminera : Regarde Ça fait du vert !
Il est difficile pour des parents d’employer la découverte personnelle comme méthode pédagogique tant nous sommes habitués à « dire » ce qu’il faut faire. Je me rappelle qu’à trois ans un de mes enfants me demanda : « Papa, si je plante un bâton dans la terre est ce que ça fera un arbre ? » Ma première réaction aurait été de répondre : « Bien sûr que non ! » Mais au lieu de cela, je pensai à employer la méthode de la découverte personnelle. Je lui dis : « Faisons une expérience : plantons un bâton dans la terre et voyons si cela pousse ! » Ce que nous fîmes. Et quelques jours plus tard, il commenta ainsi l’expérience : « Je ne crois pas que ça poussera. » Nous plantâmes alors des graines, et il apprit par l’observation directe ce qui pousse quand on le met en terre et ce qui ne pousse pas.