Donner le jour à des jumeaux n’est pas extrêmement rare, mais mettre 3 ou 5 enfants au monde le même jour est un phénomène peu courant. Il est cependant devenu plus fréquent depuis l’application de différents traitements contre la stérilité, connus depuis ces huit dernières années.
Le pourcentage d’accouchements multiples est infime : dans le monde, on en compte 98 pour 10000 normaux. Quant aux jumeaux, il en naît 1 fois sur 100.
Un accouchement multiple est expliqué comme la naissance de faux jumeaux, c’est à dire que deux oeufs ont été fécondés. Dans le cas de vrais jumeaux, univitellins, il s’agit du même oeuf qui s’est divisé et dont chaque partie a été fécondée. Les jumeaux bivitellins ou faux jumeaux viennent de deux oeufs distincts fécondés. Ils représentent 70% des cas de jumeaux.
On a quelquefois cru que la prise de la pilule anticonceptionnelle, puis son arrêt, étaient à l’origine de ces naissances multiples. Les médecins démentent cette croyance. Ces grossesses sont dues à un traitement par les inducteurs d’ovulation. Il arrive dans certains cas que le résultat dépasse les espérances en provoquant des ovulations stimulatrices donnant la vie à plusieurs foetus. Le traitement consiste en injections répétées d’hormones, durant 5 à 6 jours, des gonadotrophines humaines qui sont des extraits d’urine de femmes ménopausées. Par là, on stimule le travail des ovaires en essayant de reproduire le mécanisme des règles chez les femmes aménorrhéiques. On déclenche ainsi la ponte ovulaire.
Ce traitement est toujours délicat. On ignore pourquoi, chez la femme normalement constituée, un seul follicule vient à maturité, soit en une ponte ovulaire mensuelle. Il est difficile de reconstituer ce mécanisme chez les femmes soignées pour leur stérilité. La posologie standard n’existe pas : si l’on veut essayer de limiter le nombre de follicules en formation, on pratique des dosages quotidiens afin de délimiter le seuil de stimulation et celui de l’hyperstimulation. Lorsqu’on croit que le follicule est arrivé à maturité, on provoque l’ovulation.
Un phénomène semblable en apparence, mais diamétralement opposé en réalité, s’est produit récemment : une jeune femme a donné le jour à cinq enfants (3 filles et 2 garçons), sans avoir subi aucun traitement contre la stérilité. On s’explique mal cette naissance multipliée spontanée, mais on admet qu’il y a eu ovulation à la manière de celle des jumeaux : deux oeufs auraient été fécondés, puis se seraient divisés, l’un en trois, l’autre en deux. Les petites filles sont donc de vraies jumelles, et les garçons de vrais jumeaux. Mais comme les frères et les soeurs sont issus d’ovules différents, ils sont de faux jumeaux. Il faut ajouter que ces quintuplés, dont la mère n’a subi aucun traitement contre la stérilité, ont une chance de survie et de robustesse considérablement accrue par rapport à ceux nés à la suite d’un traitement hormonal qui présentent un très petit poids à la naissance.
On a constaté que la gémellité est plus fréquente dans les pays froids que dans les contrées chaudes. Elle se voit plus fréquemment chez les femmes ayant eu plusieurs enfants que chez les primipares.