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 Les personnalités pathologiques

Elles peuvent expliquer certains types de délinquance. C’est ainsi que des actes délictueux, qui ont pour signification la décharge d’une anxiété considérable et aussi, souvent, la recherche d’une punition, s’inscrivent dans le contexte d’une névrose Chez l’enfant on peut rapprocher de cette délinquance névrotique, les inadaptations, souvent passagères, qui sont directement liées à des difficultés familiales ou scolaires : par des vols ou des fugues, l’enfant cherche à compenser un sentiment de dévalorisation, à échapper à son angoisse et, plus ou moins consciemment, à attirer l’attention des parents sur sa détresse.

D’autres conduites délinquantes, survenant brutalement, peuvent marquer le début d’une psychose.

L’existence d’un long passé de difficultés à accepter une quelconque discipline, l’opposition systématique apparue précocement, l’incapacité à différer la satisfaction d’un désir, la mythomanie, l’agressivité sadique, la pauvreté des relations affectives sont les traits habituels de personnalité psychopathique (ou déséquilibre mental). La plupart de ces sujets mènent une existence marginale sinon plus ou moins délinquante.

On voit donc que les différents secteurs de la pathologie psychiatrique sont en relation avec la délinquance. Mais il faut souligner que l’étude des jeunes délinquants ne révèle pas de traits de personnalité pathologique dans un très grand nombre de cas.

Les facteurs sociologiques et familiaux

Ils jouent un rôle considérable. C’est ainsi que les études statistiques mettent en évidence la plus grande fréquence de la délinquance dans les couches sociales les plus défavorisées, et surtout en milieu urbain. Plusieurs faits peuvent expliquer ces constatations : la plus grande complexité de la vie urbaine, qui fait qu’on se trouve facilement en dehors des règles établies, les exigences de la société industrielle qui exclut les moindres déficiences, les déplacements de population, qui font disparaître les cadres traditionnels de vie, et provoquent la création à la périphérie des grandes villes de véritables zones de « sous culture » différentes du reste de la société.

Les sociologues ont insisté sur cette « anomie », tendance à la désorganisation de la société moderne, dans laquelle des distorsions existent entre les règles morales, imposées
à tous, et les inégalités sociales et économiques, dont le sentiment est encore accru par la publicité commerciale omniprésente.

Au niveau familial : l’influence de la dissociation des foyers a également été soulignée (on la retrouve chez 45 % des mineurs arrêtés). Il faut évoquer l’influence néfaste de la promiscuité, de l’absence de véritable vie familiale qui amène les adolescents à chercher l’intégration dans des groupes délinquants des carences éducatives, enfin. Celles ci sont de degré divers : tantôt manifestes lorsque lès parents sont alcooliques, eux mêmes délinquants ou constamment absents ; ailleurs moins évidentes, mais non moins préoccupantes, quand elles se limitent à une incapacité d’assumer pleinement l’éducation, dans une société où les normes morales sont devenues incertaines, où l’autorité n’est pas à la mode, et où, enfin, les adultes sont incités à ressembler davantage à leurs enfants qu’à l’image de leurs propres parents.

Conclusion

On voit que ce terme de délinquance recouvre des conduites et des personnalités extrêmement diverses. C’est dire que les mesures qui doivent lui être appliquées (en dehors de la prévention des facteurs sociologiques) sont à adapter à chaque cas en particulier : le placement en institution spécialisée, s’il est utile dans des cas précis, ne saurait être systématique. La prise en charge des jeunes délinquants nécessite une coordination des services médicaux et des services socio éducatifs dépendant des juges pour enfants (ceux ci, à côté de leur rôle répressif, ont une importante activité préventive). Elle associe des techniques éducatives et, quand les troubles de la personnalité le nécessitent, des traitements psychothérapiques individuels ou en groupe.

De plus en plus on insiste sur la détection et le traitement précoce des troubles du comportement qui précèdent la délinquance proprement dite.

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