La souffrance foetale lors du travail est parfois prévue (maladie gravidiques, grossesse prolongée, etc.) et dépistée précocement grâce à l’amnioscopie ; mais elle peut ne se révéler qu’à un moment quelconque du travail, les manifestations constatées traduisant essentiellement une anoxie, c’est à dire un manque d’oxygénation du foetus.
Lors de la surveillance du travail, 2 signes vont surtout être recherchés par l’accoucheur : la modification du rythme cardiaque et les anomalies du liquide amniotique.
Les bruits du cour de l’enfant, normalement réguliers, vont présenter des anomalies dans le rythme. Ce dernier peut s’accélérer ou au contraire se ralentir ; les bruits deviennent plus sourds à l’auscultation. Ces anomalies peuvent survenir en dehors des contractions, ou surtout à leur décours.
Pour mieux les apprécier, il est alors possible d’utiliser un appareil enregistrant le rythme cardiaque foetal, soit par un capteur posé sur l’abdomen de la mère, soit par une électrode posée sur la tête du foetus si les membranes sont rompues.
Le liquide amniotique, normalement clair, peut se teinter (devenant légèrement verdâtre, voire épais comme de la purée de pois) si le foetus y émet un peu de son méconium, traduisant ainsi sa souffrance. Cette teinte particulière apparaît soit progressivement au cours du travail, soit d’emblée lors de la rupture des membranes ; on peut la constater également lors d’une amnioscopie, ce qui nécessite alors un déclenchement. Les méthodes de surveillance expliquées plus haut doivent être appliquées, même en l’absence d’anomalies du rythme cardiaque.
Il est maintenant possible, en cours de travail, quand les membranes sont rompues, de prélever un peu de sang au niveau du scalp du foetus pour rechercher l’importance réelle de cette souffrance foetale, traduite par une anomalie de l’ acidité sanguine.
Le mode d’accouchement, en cas de souffrance foetale in utero, doit être apprécié en fonction des éléments de surveillance indiqués. Les thérapeutiques visent à lutter contre l’anoxie (manque d’oxygénation), et contre la dystocie, lorsque celle ci existe.
Le défaut d’alimentation en oxygène du foetus peut être combattu en apportant de l’oxygène à la mère à l’aide d’un masque.
S’il existe une anomalie dans le déroulement du travail, ne compromettant pas à priori l’accouchement par voie basse, les moyens médicamenteux vont chercher à la combattre et à la résoudre.
En résumé, l’appréciation de l’intensité de la souffrance foetale, de son amélioration ou de son aggravation sous l’effet du traitement, la détermination et le traitement éventuel de sa cause permettront à l’accoucheur de décider s’il doit continuer la tentative d’accouchement par voie basse sans risque pour l’enfant et pour la mère, ou s’il doit choisir une solution chirurgicale.
Si l’accouchement se produit par voie basse, la surveillance de la période d’expulsion sera particulièrement rigoureuse et d’aussi courte durée que possible (extraction instrumentale si nécessaire).
La naissance d’un enfant ayant présenté une souffrance pendant le travail, nécessite des moyens d’accueil et de réanimation particuliers. La cause de la souffrance peut être parfois déterminée dès l’expulsion de la tête, sur la présence d’un circulaire (enroulement du cordon entourant soit le cou soit le thorax de l’enfant).
L’aspiration, la ventilation et le réchauffement de l’enfant sont particulièrement nécessaires. En cas de souffrance néo natale marquée, un cathétérisme du cordon pourra être pratiqué afin de mesurer l’acidité sanguine et d’injecter des solutions permettant de la combattre ; une gêne respiratoire pourra être combattue par l’intubation (passage d’un tube dans la trachée) et la ventilation assistée. Si les troubles des premières minutes persistent, une surveillance en milieu spécialisé deviendra nécessaire.