Il existe du matériel éducatif qui peut aider votre enfant dans cet apprentissage. Différentes marques proposent des séries de lettres majuscules. et minuscules en bois ou en plastique. Il existe aussi des lettres magnétiques en plastique chez la plupart des marchands de jouets, qui s’appliquent sur un tableau de métal vendu avec les lettres, ou à toute autre surface métallique. La porte du réfrigérateur, par exemple, constitue un tableau amusant où on peut laisser des « mots » avec lesquels l’enfant se familiarisera. On peut aussi confectionner des lettres avec du papier de verre de grosseur moyenne. Découpées, elles sont collées sur un carton rectangulaire et permettent à l’enfant de suivre leur tracé avec ses doigts.
Avec ces lettres en relief faites de bois, plastique, ou papier de verre, vous pouvez proposer comme jeu de reconnaître une lettre au toucher, les yeux bandés. Pour ce jeu, commencez avec les majuscules, et abordez ensuite les minuscules. Mais ne mélangez pas les deux, car l’enfant serait dérouté.
La troisième chose qu’on peut faire pour stimuler le développement du langage consiste à lui apprendre à faire lui même ses livres.
Faire des livres est une des activités les plus passionnantes que vous puissiez enseigner à votre enfant. Choisissez le moment où vous êtes tous les deux bien disposés et dites lui : « Nous allons faire un livre. Maman va te montrer comment on fait. Cela va être ton livre à toi ! » Il vous faudra pour cela des matériaux, vieux magazines, surtout ceux où l’on trouve de nombreuses illustrations, comme « Paris Match », « Jours de France », des ciseaux, du papier, des agrafes ou de la ficelle fine (pour relier les pages), du carton pour les couvertures, des feutres, et des pastels ou crayons de couleur.
On peut faire deux sortes de livres : ceux que l’enfant vous dicte et que vous écrivez, puis, quand il maîtrise l’écriture, ceux qu’il écrit lui même. Commencez naturellement par ceux qu’il vous dicte. Comme pour tous ces jeux éducatifs, le bon âge pour un début se situe vers trois ans, trois ans étant généralement un âge d’équilibre, plus coopérant que la première adolescence entre deux et trois ans.
Quel sera le sujet du livre ? Laissez l’enfant décider. Cela dépend de ses centres d’intérêts. Peut être voudra t il écrire un livre sur les chiens ou les camions, ou les poupées, ou encore les dinosaures, une visite chez sa grand mère, ou sur sa tortue !... Peu importe ! C’est en cela justement qu’il sera merveilleux. Ne vous tracassez pas pour choisir le sujet du livre puisqu’il sera le sien, bien à lui. Dites seulement : « Pour faire un livre, on raconte, et on écrit ce qu’on a dit. Tu vas raconter et j’écrirai. On commence le livre. »
Voici un exemple authentique : un livre dicté par un garçon de trois ans à sa mère qui lui avait demandé « sur quoi » il voulait le faire. « Sur Batman. »
Alors la mère écrivit lentement et soigneusement, en grosses lettres sur la première page : « Batman est gentil. » Elle n’avait justement pas sous la main d’image représentant Batman, mais elle laissa de la place en blanc pour que le petit garçon puisse ensuite dessiner Batman ou coller des images le représentant. Puis elle demanda : « Et maintenant, qu’est ce que tu veux dire sur Batman ?
Il aide la police à attraper les bandits. »
Elle écrivit cette phrase sur la page suivante et continua ainsi une phrase par page. Elle écrivit tout ce qu’il disait, sans se soucier de savoir s’il aurait pu choisir un sujet plus intéressant ou s’exprimer dans un meilleur style. Elle écrivit tout ce qu’il disait parce que c’était son livre à lui, pas à elle.
« Et après, qu’est ce que tu veux dire sur Batman ?
Ce qui fut marqué aussitôt sur la page suivante, et ainsi de suite, l’enfant dictant, la mère écrivant.
C’est aussi simple que cela ! Tant que l’enfant est intéressé par son sujet et dicte, écrivez ce qu’il dit. Quand son intérêt commence à faiblir, cela signifie qu’il faut terminer le livre.
Trouvez une conclusion rapide et marquez le point final. Utilisez majuscules et minuscules exactement comme dans un vrai livre, même s’il ne sait pas encore lire. Un livre rédigé uniquement avec des majuscules ne ressemblerait pas assez à un vrai livre.
Aussitôt le livre terminé, vous pouvez le lui lire à haute voix. En fait il vous demandera certainement de le relire deux ou trois fois, car il aura pour lui une très grande valeur parce que c’est lui qui l’a fait. C’est vraiment son livre à lui.
Le titre de ce premier livre doit comporter le nom de l’enfant. Ecrivez sur la couverture de carton : « Le livre de Michel. » Puis demandez, empruntez, volez s’il le faut, un appareil polaroïd. Photographiez l’enfant et collez la photo sur la couverture. Il est préférable d’utiliser un appareil polaroïd car il vous permettra de prendre la photo au moment où le livre sera terminé, ce qui est beaucoup plus formidable ! Si vous ne disposez pas d’un polaroïd, utilisez une photo que vous trouverez chez vous. D’une façon ou d’une autre, mettez sa photo sur la couverture. Cela donnera à ce premier livre le caractère exceptionnel qu’il mérite. Les livres suivants pourront porter des titres rappelant le sujet traité, comme « Ma tortue », « Visite chez ma grand mère » ou « Les dinosaures », mais veillez à ce que le titre du premier livre porte son nom. Faites bien figurer, après chaque nouveau titre : « Par Michel Dupont », puisque c’est votre enfant qui est l’auteur.
Aucune autre activité ne peut contribuer davantage à assurer la confiance de l’enfant dans le domaine du langage parlé et écrit, que cette façon de lui laisser écrire ses propres livres.
Au début il vous les dictera. Plus tard quand il aura appris à écrire correctement, il pourra écrire son livre lui même et vous n’aurez qu’à lui indiquer l’orthographe des mots.
Quand il en sera à ce stade, il ne vous faudra pas formuler de critiques à propos de lettres inversées ou de la façon dont il coupe les mots en fin de ligne. Si vous lui faites remarquer toutes ses erreurs, vous le découragerez dans sa carrière d’écrivain. A ce niveau votre rôle doit se limiter à accepter et à le complimenter pour ce qu’il est capable de faire.
Il est important que le sujet et la structure des phrases soient les siens et non les vôtres. Ainsi, à quatre ans, mon fils savait écrire tout l’alphabet et il voulut écrire sa première phrase. Que pensez vous que ce fut ? Voir Claude et Pierre ou « Voir courir Dick ». Pas du tout. Sa première phrase concernait sa soeur aînée et ce fut : « Anne est méchante »
Lorsque le sujet et la formé viennent véritablement de l’enfant, il a une motivation très forte qui le pousse à vouloir écrire ce livre. Vous êtes sûre que cela l’intéresse et lui plaît. Il se peut qu’il vous dicte un livre puis qu’il en écrive un lui même ; il sera vivement encouragé à continuer de développer son langage oral et écrit, car il voudra écrire de plus en plus de livres.
Si vous avez une machine Xérus ou à polycopier à votre disposition dans une bibliothèque proche ou à votre bureau, vous pouvez ajouter quelque chose d’unique à la fabrication de ce livre. Votre enfant sera fasciné de voir qu’il peut en obtenir des copies. Il aura des exemplaires qu’il pourra donner à ses amis, envoyer à ses grands parents ou emporter à l’école maternelle. Les compliments qu’il recevra l’encourageront à continuer cette carrière préscolaire d’écrivain. Rien n’est plus agréable à un auteur, qu’il ait trois ans ou quatre ans, que les compliments de ses lecteurs.
Ce que vous pouvez faire aussi pour stimuler le développement du langage chez votre enfant c’est d’éveiller sa curiosité pour les mots et leur sens.
Cela devrait faire partie de votre vie quotidienne avec lui. En allant au supermarché vous pouvez lui montrer les paquets de corn flakes, de biscuits ou de glaces. En voiture, toutes les fois que vous voyez un panneau, vous pouvez attirer son attention sur les mots : stop, interdit de stationner, à vendre, jouets, glaces, restaurant, etc. Quand vous regardez la TV avec lui, attirez son attention sur les mots qui apparaissent sur l’écran (cela vous rendra la publicité supportable). Si vous éveillez son intérêt tout naturellement et tout simplement dans votre vie quotidienne, il commencera très vite à vous demander ce que les mots veulent dire. Vous saurez alors que vous avez réussi à éveiller sa curiosité pour les mots. Cela sera un des éléments de l’intérêt qui le portera à vouloir apprendre à lire.