Lorsque leur femme est enceinte, lés maris réagissent de deux façons bien différentes. Les uns passent neuf mois à se faire du souci pour sa santé. Les autres l’ignorent, le moindre malaise les étonne et les irrite.
Gardez vous également de ces deux réactions extrêmes. Votre femme n’est pas une personne malade. II lui arrive l’événement le plus normal du monde. Avec un bon médecin et une bonne hygiène, sa grossesse doit se dérouler sans incident. Il n’est pas nécessaire de lui conseiller de se reposer la moitié de la journée, de l’empêcher de faire un petit voyage, de lui ôter la cigarette de la bouche. Vos craintes, vos inquiétudes, vos défenses ne feraient que l’irriter inutilement.
Mais, toute naturelle qu’elle soit, cette grossesse signifie quand, même un grand bouleversement de l’organisme qui peut se traduire, surtout au début et à la fin, par de petits malaises. Certains sont anodins et peu gênants. D’autres peuvent, s’ils n’ont pas été soignés à temps, devenir inquiétants. Ni votre femme ni vous même ne saurez bien distinguer les uns des autres. Ce sera l’affaire du médecin. Veillez â ce que votre femme le consulte régulièrement. Si elle ne le fait pas, téléphonez lui vous même et prenez rendez vous pour elle. Si vous voulez savoir combien de fois, au cours de sa grossesse, votre femme doit voir son médecin.
Ne vous étonnez pas si votre femme est parfois nerveuse, irritable et coléreuse ; si de temps en temps elle manifeste un caprice inexplicable. La grossesse exerce une action indiscutable sur le système nerveux. Votre compréhension et votre gentillesse aideront plus sûrement votre femme à se détendre que ne le feraient des reproches.
Comme beaucoup d’autres, votre femme aura peut être des envies . N’en riez pas et, si vous le pouvez, tâchez de les satisfaire, plus pour son moral d’ailleurs que pour sa santé. Mais ne croyez pas que si, à minuit, elle veut à tout prix un éclair au chocolat, il soit indispensable que vous couriez toute la ville pour essayer d’en trouver un, de peur que votre enfant ne porte à jamais la trace de ce désir non satisfait. Rien de tel à craindre.
Ce qu’il faut à votre femme pendant son attente, c’est qu’elle mène une vie calme, bien régulière, qu’elle ait de bonnes nuits, qu’elle suive ponctuellement le régime qui lui a été indiqué et les conseils que nous donnons pour sa vie quotidienne. Vous pourrez les lui rappeler au besoin.
Or, que la vie de votre femme soit ce qu’elle doit être, dépend en grande partie de vous. Ne la forcez pas, par égoïsme, à sortir tous les soirs. Ne l’entraînez pas au restaurant si elle est au régime strictement sans sel. Ne lui conseillez pas de faire avec vous un sport dangereux pour elle.
Dans l’intérêt de votre femme, vous aurez de temps en temps un petit sacrifice à faire. Ce sera votre manière de participer à son attente.
Certains maris sont presque jaloux du rôle joué par leur femme pendant ces neuf mois. Us ont bien tort. Us ne se rendent pas compte qu’ils peuvent y participer par leurs conseils et leur compréhension. Si vous la vivez vraiment à deux, cette période, au lieu d’être longue et pénible, sera joyeuse et facile.