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 On peut priver l’enfant d’une chose à laquelle il tient

Supposons que votre enfant de cinq ans crayonne sur les murs de votre chambre. C’est « normal » pour un enfant de deux ans, mais c’est un acte d’hostilité à cinq ans. Malheureusement pour son apprentissage de la discipline, cet acte n’entraîne pas de conséquences fâcheuses pour lui. H vous faut donc créer des conséquences artificielles et arbitraires qui imposeront à l’enfant des limites strictes et voudront vraiment dire pour lui : « C’est fini, plus de ça ! »

Si en découvrant le méfait, vous êtes très en colère, vous pouvez lui donner une fessée aussitôt. C’est un type de conséquence artificielle mais déplaisante pour l’enfant. Ou bien vous pouvez le priver de quelque chose d’agréable en disant par exemple : « Pierrot, tu es assez grand pour savoir qu’on n’écrit pas sur les murs. Alors tu seras privé de crayons de couleur pendant trois jours. Comme cela tu te rappelleras qu’on doit s’en servir sur du papier et pas sur les murs. »

On peut isoler l’enfant en l’écartant de son groupe social ou en l’envoyant dans sa chambre.

Supposons que votre « quatre ans » empêche un groupe d’enfants de jouer dans votre jardin ou chez vous. Vous pouvez lui dire : Charles, je vois que tu n’es pas capable de jouer avec des camarades. Tu ne cesses pas de leur donner des coups et de faire du désordre. Va t’en jouer tout seul dans ta chambre et tu viendras me dire quand tu pourras être plus gentil et te contrôler.

Chaque fois que vous employez l’isolement comme punition, il est essentiel de laisser, si l’on peut dire, la porte ouverte. N’envoyez pas l’enfant dans sa chambre comme s’il devait y rester pour toujours. Votre but n’est pas de l’incarcérer indéfiniment, mais de provoquer un changement dans son comportement. Qu’il sache toujours que lorsque son attitude changera et qu’il se sentira capable de jouer gentiment avec ses camarades, il pourra revenir.

On peut donner une fessée à un enfant.

Je tiens à préciser clairement qu’il y a une « bonne » et une « mauvaise » façon d’administrer une fessée. J’appelle « mauvais » le fait de battre un enfant de façon cruelle et sadique, qui inspire à l’enfant la haine et le désir profond de se venger. C’est la correction administrée à l’aide d’une lanière ou d’une badine ou de toute autre « arme » d’adulte. Par « mauvais », j’entends aussi la gifle humiliante.

La « bonne » façon de « corriger » un enfant se passe d’accessoires. La main paternelle ou maternelle, frappant deux ou trois fois le derrière dé l’enfant, suffit. La fessée bien administrée est une chose positive. Elle assainit l’atmosphère, et se révèle de beaucoup préférable aux sermons moralisateurs et culpabilisants.

Vous avez peut être entendu répéter le vieux conseil : « Ne frappez jamais un enfant si vous êtes en colère ». Je pense que psychologiquement c’est un très mauvais conseil, et je propose. à l’opposé : Ne frappez un enfant que si vous êtes en colère.

Un enfant comprend très bien que vous le frappiez quand vous êtes en colère. Il sait que vous êtes furieux contre lui et il sait aussi pourquoi. Ce qu’un enfant ne comprend pas, c’est, s’il désobéit à sa mère à dix heures du matin, qu’elle lui dise : « Très bien mon garçon, ton père réglera cela ce soir en rentrant ! » Et quand le père rentre à la maison, on le charge d’administrer une fessée qui, pense t on. « donnera une bonne leçon à l’enfant ». Or c’est ce genre de correction donnée de sang froid qu’un enfant ne peut ni comprendre ni pardonner.

Ce que je recommande est la fessée du type « Pan ! Aïe ! ». Votre « pan » suivi immédiatement du « aïe » de votre enfant. Ne le fessez que quand vous êtes furieux contre lui et que vous avez envie de régler la question sur le champ. De nos jours, trop de mamans semblent avoir peur de fesser leurs enfants. Elles parlent et crient beaucoup, elles essaient de négocier avec l’enfant. C’est une faute énorme parce que cela ruine leur autorité en tant que parent.

Ce qu’il faut faire, c’est dire à l’enfant une fois ou peut être deux fois ce que vous voulez qu’il fasse ou cesse de faire. Alors, s’il refuse d’obéir et que vous êtes irritée, corrigez le aussitôt.

Après la fessée, vous vous sentirez peut être contrariée et coupable parce que vous avez perdu votre sang froid.

Courage, Madame, tout n’est pas perdu !

Vous pourrez toujours dire à l’enfant, en trouvant les mots appropriés : « Tu vois, maman a fait une bêtise. Je me suis mise en colère et cela m’ennuie beaucoup. » Et repartez du bon pied sans vous empêtrer dans la culpabilité, la frustration et la contrariété.

Attendez de vous remettre de l’incident. Cela peut demander cinq minutes ou cinq heures. Mais si vous voyez que vous avez eu tort, il est important que votre enfant le sache. Surtout, ne lui faites pas croire que vous l’avez corrigé uniquement pour son bien. Car c’est tellement faux qu’il s’en rendra bien compte.

Le but principal de la fessée, quoi qu’en disent beaucoup de parents, est de soulager les parents. Et nous en avons tous besoin de temps en temps quand nos enfants nous « tapent sur les nerfs ».

Si nous étions des parents modèles, nous serions tous tellement maîtres de nous que nous n’aurions jamais à donner de fessées sauf dans des situations exceptionnelles (par exemple lorsqu’un enfant se sauve dans la rue). Or, nous ne sommes pas parfaits à cent pour cent. Nous ne sommes pas capables de rester toujours calmes et sereins en imposant notre discipline. Tout serait merveilleux si nous le pouvions. Mais la nature ne semble pas en avoir décidé ainsi. Nous sommes excédés quand nos enfants font des bêtises, nous perdons notre sang froid et nous les frappons. Mais il n’y a pas là de quoi se sentir coupable ! Nous sommes soulagés et eux aussi, l’atmosphère est purifiée. Les parents comme les enfants peuvent repartir du bon pied. Vous avez extirpé de vos relations la colère et les mauvais sentiments, et tout « marche à nouveau » entre vous et votre enfant. Vous pouvez alors assumer normalement l’autorité maternelle ou paternelle.

Certains de nos lecteurs pourront trouver gênante cette idée que la fessée serve surtout à soulager les parents. Peut être vivez vous encore dans l’illusion que rebut de la fessée est uniquement d’exercer sur l’enfant une influence bénéfique. Si c’est votre cas, je vous renvoie à un des dessins humoristiques que je préfère et qui montre un père en train de battre son gamin en lui disant : « Ça t’apprendra à battre les gens ! » (Certes !)

Néanmoins, nous autres parents sommes des êtres humains, c’est pourquoi je dis : « soulagez vous en donnant une fessée » si c’est nécessaire. Mais j’espère que si vous suivez les conseils donnés dans ce chapitre, vous en serez beaucoup moins souvent réduits à le faire.

Si vous êtes tout à fait honnête vis à vis de vous même, vous admettrez que parfois vous vous emportez un peu vite, et vous vous rendrez compte ensuite que vous n’auriez pas dû vous montrer si violente. Il se trouve que vous étiez ce jour là en colère contre votre voisin ou votre mari, ou simplement moins bien disposée pour une raison quelconque et que vous avez passé vos nerfs sur votre enfant.

Que faire dans ce cas ? Bien sûr, vous pouvez toujours jouer le personnage infaillible et vertueux et dire que votre enfant méritait ce qu’il a reçu. Ou bien vous pouvez aussi avoir le courage de lui dire par exemple : « Tu sais, Jean, maman s’est mise en colère et t’a grondé très fort. Mais je m’aperçois maintenant que tu n’avais pas fait grand chose de mal. J’étais déjà très irritée aujourd’hui mais ça n’était pas à cause de toi. Alors il faut m’excuser. »

Votre enfant sentira monter en lui une chaude sollicitude pour vous, en vous voyant admettre que vous êtes humaine et pas infaillible. Et le résultat sera merveilleux pour son concept de soi et le vôtre !

Faisons le point. J’ai dit que les conséquences naturelles de la mauvaise conduite d’un enfant peuvent être renforcées par des conséquences artificielles. Mais même si ces conséquences du comportement de l’enfant sont artificielles plutôt que naturelles, leur usage demeure soumis à certains principes de base.

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