on constate de grandes différences d’un enfant à l’autre. D’une manière générale, les filles ont moins tendance que les garçons à se livrer à de telles actions. Mais certains garçons sont plus faciles à éduquer que d’autres qui, volontaires et butés, auront besoin de plusieurs mois pour apprendre à contrôler leurs impulsions.
Parfois les parents approuvent inconsciemment les actes hostiles et antisociaux de leurs enfants. C’est le cas de celui qui tient tête à ses parents, frappe d’autres enfants, s’empare des objets qui ne lui appartiennent pas et se sauve si ses parents essaient de le discipliner. Les parents s’en réjouissent intérieurement et l’y encouragent inconsciemment.
Le père ou la mère disent de lui d’un ton admiratif « C’est un terrible ! Bien sûr, il exagère quelquefois et ne nous écoute pas, mais il faut reconnaître qu’il a du caractère. »
Ce genre de comportement de la part des parents est d’ordinaire le signe qu’eux mêmes ont eu pendant leur enfance des velléités de rébellion et d’attitudes antisociales, tout en se montrant bien gentils. Adultes, ils encouragent inconsciemment leur enfant à extérioriser les actes hostiles et antisociaux qu’ils n’ont pas osé accomplir quand ils étaient petits. L’encouragement des parents renforce le comportement des enfants. L’enseignement qu’on peut en tirer est clair : si vous ne voulez pas que votre enfant se livre en grandissant à des actions hostiles et violentes, imposez des limites fermes à ses impulsions et aidez le à accepter personnellement ces limites.
Assez curieusement, la troisième façon de former un enfant à devenir un adulte hostile et violent résulte d’une éducation très différente des deux précédentes. Cette fois, il s’agit de parents qui limitent sévèrement les actions hostiles ou violentes, ce qui est une bonne chose. Mais malheureusement ces parents font aussi tout ce qu’ils peuvent pour empêcher toute expression de sentiments violents ou hostiles. Ce qui est une grave erreur. Les enfants ne peuvent s’empêcher d’avoir de temps en temps de tels sentiments. Mais la mère en question ne permet absolument pas à son enfant de les extérioriser. Elle prétend qu’en interdisant strictement que l’enfant exprime des sentiments hostiles, elle lui apprendra à ne pas les éprouver. Or nous savons que c’est impossible, qu’on le veuille ou non. Tout ce que la mère réussit à faire ainsi, c’est d’apprendre à l’enfant à réprimer ses sentiments et à les refouler dans son subconscient.
Dans les cas semblables, la mère apprend à l’enfant à devenir un « enfant modèle ». Extérieurement l’enfant est doux, gentil et poli. Mais au fond de lui même, bouillonnent les sentiments de violence et d’hostilité. Il est comme une chaudière sans soupape de sécurité. Ces sentiments longtemps contenus aboutissent finalement à une explosion.
Il y a quelques années, un jeune étudiant qui poursuivait ses études en vue de devenir pasteur, tua à coups de pistolet son père et sa mère. Les voisins furent scandalisés et stupéfaits. Il avait la réputation dans la paroisse d’être l’adolescent « idéal », tranquille, obéissant et respectueux. Les voisins et les prêtres ne connaissaient de lui que la façade. Ils ne pouvaient voir les sentiments de colère et d’hostilité qui bouillonnaient sous la surface.
Accordez à votre enfant un moyen inoffensif d’exprimer ses sentiments de colère. Laissez le les formuler et les dire, ou bien remplacez l’objet de sa colère par quelque substitut acceptable
« Je sais que tu es furieux contre ton frère et que tu as envie de le gifler. Je ne peux te le permettre, mais tu peux à la place frapper sur ton punching ball. »
Après ce petit voyage au pays des « il ne faut pas », vous commencez sans doute à avoir une idée assez précise de ce qu’il faudrait faire pour éviter que vos enfants ne deviennent des adultes violents.
Abordons maintenant deux questions qui intéressent directement les parents : les armes dangereuses et la violence simulée.
Tout d’abord, les armes dangereuses. Disons très nettement qu’il n’est pas bon d’avoir chez soi des armes. Elles ne peuvent que causer des accidents tragiques et constituent une incitation permanente à la violence. Il est triste et inquiétant de constater que les Etats Unis paraissent lancés dans une course nationale aux armements et de voir que beaucoup de nos concitoyens peuvent acheter pratiquement tous les types d’armes. D’après une statistique récente, le nombre d’Américains adultes qui achètent des armes à feu s’accroît à un rythme inquiétant. La plupart de ces armes à feu sont en principe destinées à la défense des individus. Le raisonnement de la personne qui achète l’arme à feu est à peu près le suivant : « Le fait d’avoir une arme à la maison me protégera. moi et ma famille, si quelqu’un essayait de nous faire du mal. » C’est un raisonnement stupide, fondé surtout sur une peur irraisonnée. C’est le genre de raisonnement que le père tenait dans le roman Johnny get your gun en expliquant à son fils :
Il se rappelait cette soirée où il était assis à côté de son père qui était fort avisé. Il lui avait montré le pistolet pour la première fois et il lui avait dit : « Un pistolet c’est quelque chose de bien, parce qu’un jour tu peux avoir besoin de te défendre, toi et ta mère. Peut être qu’un jour ils t’attaqueront à deux ou trois. Tu n’auras aucune chance de t’en tirer. Alors tu domineras la situation grâce à ton arme. Quand ils la verront, ils s’arrêteront net. Avec ton pistolet sur toi. personne ne te fera d’ennuis. »
Au lieu de protéger contre les intrus, la présence d’un pistolet dans la maison, et particulièrement d’un pistolet chargé, n’est qu’une invitation à la tragédie et au meurtre. La présence d’une arme pouvant donner, la mort est une invitation à l’action violente en cas de dispute entre parents désunis, ou une possibilité de mort tragique quand des enfants jouent avec une arme supposée « non chargée ».