Après les muscles, ce sont maintenant les nerfs qui vont se perfectionner. Entre les différents centres nerveux qui sont devenus très complexes s’établissent des relais. Les mouvements deviennent plus cohérents et plus variés. Le foetus ne remue plus seulement bras et jambes, il se retourne complètement sur lui même. Les organes des sens se développent. Les paupières s’écartent, découvrant l’oeil complètement formé, mais la pupille est encore recouverte d’une fine membrane.
Le foetus à sept mois a encore l’air d’un petit vieux avec sa peau ridée à laquelle manque le soutien de la graisse. Il pèse 1 700 grammes, mesure 40 centimètres. S’il naissait, il aurait maintenant de grandes chances de survivre. Mais, contrairement à une opinion encore trop répandue, ses chances seront encore plus grandes à huit mois. Le foetus de sept mois est viable bien des prématurés le prouvent mais délicat, il n’a pas encore atteint la vigueur et le poids qui lui permettraient de s’adapter rapidement aux conditions extérieures. Ce poids, à raison de 200 grammes par semaine, et cette force, il les acquerra au cours des deux mois qui vont suivre. Plus l’enfant approche du terme, mieux il sera prêt pour s’adapter à sa nouvelle vie. Un prématuré de sept mois a besoin de soins plus longs et plus délicats qu’un prématuré de huit mois.
Le préjugé populaire qui veut qu’un foetus soit plus faible à huit mois qu’à sept remonte à Hippocrate. Ce médecin de la Grèce antique croyait que les enfants naissaient par leur seule force, qu’à sept mois ils tentaient un premier effort pour sortir, que s’ils n’étaient pas assez forts pour y arriver à cet âge, ils renouvelaient la tentative le mois suivant. Mais que, handicapés par la fatigue de leur premier essai, souvent ils mouraient. On sait depuis longtemps que l’enfant n’a aucun effort à faire pour naître, qu’il est poussé en avant par les seules contractions de l’utérus comme vous le verrez à la suite, et pourtant le préjugé demeure.