Le médecin qui s’intéresse à la sexologie voit arriver très souvent dans son cabinet de consultation un homme ou une femme qui se plaint d’un trouble sexuel. Quelquefois il peut soigner ce patient isolément, surtout s’il s’agit d’un trouble organique, mais s’il s’agit d’un problème relationnel apparu au sein du couple ou d’un problème psychologique, il a intérêt à pouvoir s’entretenir avec l’homme et avec la femme, d’abord séparément et ensuite réunis. Il confrontera surtout les deux conjoints s’il existe un malentendu dans l’interprétation de certaines manoeuvres sexuelles, un refus ou une attitude réprobatrice de l’un opposés à des exigences sexuelles de l’autre, une impossibilité physique pour l’un d’accomplir parfaitement une activité physique désirée, un blocage pour l’un ou pour les deux de toute entreprise sexuelle, enfin et surtout une indifférence sexuelle.
Dans de nombreux cas, le rôle du médecin sera surtout d’écouter le point de vue de chacun, de répondre aux questions, d’expliquer les points que l’homme ou la femme comprennent mal, afin et surtout d’essayer de corriger avec beaucoup de patience et de délicatesse les erreurs d’interprétation. Ce dernier point est très important. Par exemple, si dans un couple le refus d’une femme de pratiquer la fellation est la cause d’un différend important, le médecin pourra essayer de connaître la motivation de ce refus et s’il s’agit d’une interprétation particulière de cet acte (dégoût physique, par exemple), essayer de faire accepter par cette femme une interprétation différente de l’acte. Dans un autre ordre d’idées si le médecin est en présence d’une femme devenue frigide à cause de rapports trop fréquents, il faudra qu’il fasse admettre de bonne grâce au mari de ralentir un peu son activité sexuelle. Mais il s’agit là de thérapeutiques de couple très simples. Les difficultés sont plus sérieuses s’il s’agit par exemple d’une indifférence sexuelle apparue entre un homme et une femme qui s’aiment et veulent continuer à vivre ensemble. C’est dans ce cas que le médecin pourra faire appel à des procédés particuliers comme le cinéma ou le massage relationnel.
Les films de sexologie thérapeutique ne sont pas à proprement parler sexuels et n’ont rien d’érotique ou de pornographique, mais sont seulement réalisés pour inciter le couple à entamer un dialogue oublié ou qui n’a jamais existé.
A notre avis, il faudrait compléter la gamme de ces films par des scènes beaucoup plus précises qui auraient une valeur d’enseignement et permettraient de résoudre les cas de couples péchant seulement par ignorance.
Le massage relationnel quant à lui permet de recréer un contact physique entre deux partenaires par le toucher. L’homme et la femme nus se massent alternativement le corps selon une technique qui leur a été enseignée et qui au fil des séances s’érotise peu à peu. Cette technique s’applique aux couples frappés d’indifférence sexuelle et qui ont laissé leurs relations physiques se glacer.
Les thérapeutiques sexuelles de groupe sont encore très peu appliquées en Europe, alors qu’elles connaissent un grand succès aux Etats Unis. Elles consistent à réunir dans une propriété pour un week-end, par exemple, des couples ayant des problèmes sexuels si possible analogues. La réunion est animée par un psychologue, un sexologue, quelquefois par un médecin généraliste et même... par un prêtre. Les exposés sont faits en public, les discussions sont générales et les impressions confrontées. Cette thérapie de groupe est surtout valable pour les frigidités et les impuissances d’origine psychologique.